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Sur les routes de Samarcande

Merveilles de soie et d’or

Somptueux manteaux chapans et accessoires brodés d’or de la cour de l’Émir, selles en bois peintes, harnachements de chevaux en argent sertis de turquoises, précieuses tentures brodées suzanis, tapis, ikats de soie, bijoux et costumes de la culture nomade ainsi qu’une quinzaine de peintures orientalistes : au fil d’un parcours déployé sur plus de 1100 m² se déploient près de 300 pièces inédites, représentatives des trésors de l’Ouzbékistan.

« Sur les routes de Samarcande » magnifie la renaissance des splendeurs artisanales au XIXe et au début du XXe siècle, constitutives de l’identité ouzbèke. Le textile, à l’instar des puissances du monde islamique, y joue un rôle capital ; la broderie de Boukhara, notamment, occupe une place particulière parmi les nombreuses formes d’art d’Ouzbékistan. C’est durant l’émirat de Boukhara (1785-1920) que la broderie d’or atteint son apogée et sa renommée en termes de technique, de qualité et surtout de créativité. Nombre de productions splendides et monumentales – chapans, robes, coiffes, tapis de selle mêlant couleurs et or – réservées à la cour et aux cadeaux diplomatiques sont exclusivement confectionnées dans l’atelier privé de l’émir et témoignent de son art de vivre opulent.

Bien d’autres pièces sont à découvrir au fil de l’exposition, offrant une perspective plus large de la société de l’époque, dont les fameux ikats et leur florilège de couleurs, des tissages fruit de techniques ancestrales, et des spécificités stylistiques régionales du Khorezm, de la vallée du Ferghana ou de la région du Karakalpak, où des accumulations de bijoux prolongeaient le vestiaire féminin.

Au tournant du siècle, le Turkestan – territoire qui couvre la future république d’Ouzbékistan – est la destination de prédilection de nombreux artistes d’Asie centrale et de Russie. De nouvelles écoles d’art se créent dans les années 1920 ; une école ouzbèke voit le jour, dont Alexandre Volkov (1886-1957) prend la tête. Les peintres vont découvrir ce territoire et trouver dans la richesse des paysages, des formes, des couleurs et des visages de l’Asie centrale une inspiration unique. C’est ainsi que l’on retrouve, dans les sujets travaillés, les tapis, suzanis, chapans et ikats présentés dans l’exposition, chaque artiste abordant cette quête d’ailleurs et d’exotisme en suivant son propre style.

du 23 Novembre 2022 au 4 juin 2023

IMA

1 rue des Fossés Saint-Bernard 75005 Paris

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Dessins bolonais du XVIe siècle

Cette exposition accompagne la parution du tome XII de l’Inventaire général des dessins italiens,  dédié aux dessins bolonais du 16e siècle dans les collections du Louvre.

Elle présente des dessins exécutés par des artistes natifs de la ville de Bologne, ou bolonais  d’adoption, actifs avant l’arrivée des Carrache. Une sélection de quarante-quatre feuilles permet de découvrir l’évolution du dessin bolonais tout au long du 16e siècle en mettant en valeur des  personnalités artistiques majeures aux côtés d’autres demeurant parfois dans l’ombre, mais ayant  énormément dessiné.

Dans les toutes premières années du Cinquecento, dans les ateliers de Francesco Francia,  Peregrino da Cesena, Marcantonio Raimondi ou Amico Aspertini s’affirme une nouvelle manière de dessiner, raffinée et élégante, qui pousse parfois jusqu’au fantasque. Les personnalités moins connues d’Innocenzo da Imola, de Bagnacavallo, Biagio Pupini et Girolamo da Treviso, actifs entre 1515 et 1550 environ, imprégnées de culture classique et raphaélesque, contribuent progressivement à la création d’un style nouveau, caractérisé par des effets d’ombre et de lumière particulièrement intenses, qui ouvrent la voie à la manière moderne.

Vers le milieu du siècle, Pellegrino Tibaldi importe à Bologne, depuis Rome, un nouveau langage  monumental inspiré de Michel-Ange et dont le raffinement calligraphique doit beaucoup à Perino del Vaga. Dans la seconde moitié du 16e siècle, Prospero Fontana, Lorenzo Sabatini ou Orazio Sammachini, après s’être distingués dans plusieurs décors palatiaux, exportent leur style dans  plusieurs villes avoisinant Bologne, puis, lorsqu’ils furent appelés au service du pape bolonais Grégoire XIII, à Rome et ses alentours.

L’exposition présente également les dessins de Bartolomeo Passerotti, l’artiste le plus puissant de l’école bolonaise, qui impose son nouveau regard analytique du naturel, prémices du langage artistique de la génération suivante.

du 22 septembre 2022 au 9 janvier 2023

Palais du Louvre – Place du Carrousel

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Miroirs du Monde

Les chefs d’œuvre du Cabinet d’art de Dresde

Une déambulation saisissante dans un véritable cabinet d’art: l’exposition présente la collection exceptionnelle d’œuvres réunies entre les XVIe et XVIIIe siècles par les puissants Princes électeurs de Saxe. Dans la période marquée par la lutte pour le pouvoir impérial entre les Électorats du Saint Empire romain germanique et les cours européennes, cette collection éclatante de richesse montre le pouvoir politique du prince électeur et notamment celui d’Auguste le Fort prince électeur de Saxe et roi de Pologne (1697–1733).

Composée de multiples pépites de la nature, d’instruments remarquables et autres trésors de savoir-faire, la collection réunit tout autant d’objets récoltés à la croisée des continents pour former un monde en miniature destiné à l’étude ou la simple contemplation. La Kunstkammer ou « cabinet d’art » fut ainsi la première collection d’Europe à ouvrir ses portes au grand public, qui la considérait comme un lieu de savoir et d’éducation.

À la manière d’un miroir, la collection reflète les contours géopolitiques, les connaissances et les représentations euro-centrées du monde de cette époque, dominé par une fascination pour le rare ou l’inconnu. Une vision que vous êtes invités à mettre en perspective à la lumière de travaux d’artistes contemporains, sur l’idée originelle du cabinet d’art et de curiosités.

du 14 septembre 2022 au 15 janvier 2023

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard 75006 Paris

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Mirror of the World

Masterpieces from the Dresden cabinet of curiosities

The exhibition at the Musée du Luxembourg brings together around one hundred remarkable artworks and objects collected between the 16th and 18th centuries by the powerful  Prince-electors of Saxony. During a period marked by the struggle for imperial power between the Electorates of the Holy Roman Empire and the courts of Europe, this dazzlingly rich collection demonstrates the political power of the Prince-elector.

Featuring objets d’art, instruments and scientific books, natural materials and ethnographic objects, the Kunstkammer or “cabinet of curiosities” was the first European collection to open to the general public, who viewed it as a place of knowledge and learning. This exhibition places an emphasis on the artistic quality and provenance of the works, which not only reflect the many global relationships and cultural exchanges, but also the Euro-centric world view they embody.

A few historical objects are arranged so as to mirror works by contemporary artists, putting these historic collections into perspective through the key issues of our time.

September 14, 2022 – January 15, 2023

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard 75006 Paris

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Edvard Munch

Un poème de vie, d’amour et de mort

En collaboration avec le musée Munch d’Oslo, le musée d’Orsay consacre une exposition au célèbre peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944) dont l’œuvre dans son ampleur – soixante ans de création – et sa complexité demeure pourtant en partie méconnu.

L’œuvre de Munch occupe dans la modernité artistique une place charnière. Elle plonge ses racines dans le XIXe siècle pour s’inscrire pleinement dans le suivant. Plus encore, son œuvre tout entière est innervée par une vision du monde singulière lui conférant une puissante dimension symboliste qui ne se réduit pas aux quelques chefs-d’œuvre qu’il a créés dans les années 1890. Dépassant le symbolisme fin-de-siècle, Munch transcende ce mouvement au-delà de son apogée pour en faire l’épine dorsale de son œuvre, lui conférant ainsi sa grande cohérence.

Le processus créatif singulier de Munch le conduit à réaliser de nombreuses déclinaisons d’un même motif, mais aussi plusieurs versions d’un même sujet. Éminemment symboliste, la notion de cycle a ainsi joué un rôle clé dans la pensée et l’art de Munch. Elle intervient à plusieurs niveaux dans son œuvre jusqu’à entrer en jeu dans la construction même de ses toiles, où certains motifs reviennent de façon régulière. Pour Munch, l’humanité et la nature sont unies dans le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance. Dans ce cadre, il élabore une iconographie inédite, en grande partie inspirée par les philosophies vitalistes de Friedrich Nietzsche et d’Henri Bergson. Munch l’a lui-même souligné en parlant de sa Frise de la Vie : « ces toiles, il est vrai relativement difficiles à comprendre, seront […] plus faciles à appréhender si elles sont intégrées à un tout. »

L’exposition présentera une centaine d’œuvres, peintures, mais aussi dessins, estampes ou encore blocs gravés, rendant compte de la diversité de sa pratique. Cette présentation d’ampleur, à la dimension rétrospective, embrassera l’ensemble de la carrière de l’artiste. Elle invitera le visiteur à revoir dans sa globalité l’œuvre du peintre norvégien en suivant le fil d’une pensée picturale toujours inventive : une œuvre à la fois foncièrement cohérente, voire obsessionnelle, et en même temps constamment renouvelée.

du 20 septembre 2022 au 22 janvier 2023

MUSEE d’ORSAY

1 rue de la Légion d’Honneur 75007 Paris

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Shocking !

Les Mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli

Le musée des Arts décoratifs met à l’honneur l’œuvre audacieuse et inspirante d’Elsa Schiaparelli, créatrice italienne, dont l’inspiration s’est nourrie d’une relation privilégiée avec les artistes du milieu de l’avant-garde parisienne des années 1920 et 1930. Près de 20 ans après la rétrospective qui lui a été consacrée en 2004, le musée a souhaité revisiter son œuvre afin de faire redécouvrir au public sa fantaisie novatrice, son goût du spectacle et sa modernité artistique.

« Shocking ! Les mondes surréalistes d’Elsa Schiaparelli » réunit 577 œuvres dont 212 costumes et accessoires de mode, mis en regard de 365 peintures, sculptures, bijoux, flacons de parfum, céramiques, affiches et photographies signées des plus grands noms de l’époque, de Man Ray à Salvador Dalí, de Jean Cocteau à Meret Oppenheim ou encore d’Elsa Triolet. Cette grande rétrospective met également en lumière l’héritage du style Schiaparelli avec des silhouettes interprétées par de célèbres couturiers lui rendant hommage : Yves Saint Laurent, Azzedine Alaïa, John Galliano, Christian Lacroix. Daniel Roseberry, directeur artistique de la maison Schiaparelli depuis 2019, interprète l’héritage d’Elsa Schiaparelli. L’exposition est présentée dans les galeries de la mode Christine & Stephen A. Schwarzman dans une scénographie poétique et immersive confiée à Nathalie Crinière.

Grâce à l’exubérance de son langage formel, à ses inventions et à son intense collaboration avec les artistes du surréalisme et les plus grands artisans et décorateurs de son temps, Schiaparelli inaugure une mode où l’inconvenant devient possible. Qualifiée par sa grande rivale Coco Chanel d’« artiste qui fait des robes », Elsa Schiaparelli (1890-1973) ouvre grandes les portes de la mise en spectacle de l’apparence. L’exposition retrace ainsi au travers deux cent cinquante costumes et dessins de modèles, accessoires et parfums, la carrière et l’œuvre de ce personnage iconoclaste. Echantillons de broderie, bijoux, mais aussi photographies, films, illustrations, œuvres d’art, mettent en lumière la richesse des échanges qu’Elsa Schiaparelli a su tisser avec ses contemporains.

Née en 1890 à Rome, le destin amène Elsa Schiaparelli à Paris en 1922. Rapidement elle fait la connaissance de Francis Picabia, Tristan Tzara, Man Ray et des dadaïstes dont l’esprit subversif aura une nette influence sur son travail. Elle doit sa notoriété à ses sweaters en tricot ornés de noeuds de cravate en trompe l’oeil (1927). Elle étend ses activités aux tenues de sport puis de ville, et des tenues de villes aux tenues de soirée. Le succès aidant, elle installe sa maison de couture en 1935 dans les salons du 21, place Vendôme où viennent s’habiller la duchesse de Windsor ou encore Greta Garbo. C’est dans ce décor aménagé par Jean-Michel Frank et orné des objets de Diego Giacometti que Schiaparelli présentera ses plus fameuses créations. Sachant s’entourer d’artistes comme Jean Cocteau, Salvador Dali ou Marcel Vertès et se définissant comme une « couturière inspirée », elle réalise des modèles largement influencés par l’esthétique surréaliste. Elle détourne les motifs : page de journal, homard, papillon, ou utilise des matériaux étonnants comme le Rodhophane (plastique transparent), le métal ou la porcelaine de Sèvres.

De ses collections les plus célèbres on retient celle marquée par sa collaboration avec la maison de broderie Lesage – « le Cirque » (1938), mais aussi « la Musique », (1939) –, ou des pièces comme la cape « Phoebus », le « char Apollon » ou la robe aux motifs de déchirures inspirée par Dali.

Elle donne à ses accessoires les formes les plus fantaisistes, osant la chaussure et la côtelette pour le chapeau et le téléphone pour le sac à main. Les bijoux dont elle confie le dessin et la réalisation à Jean Schlumberger ou à Jean Clément jouissent de la même liberté de formes et de matières.

Shocking ! est son maître mot, celui qu’elle donne à sa couleur préférée (le rose), à son parfum et à son autobiographie. En bousculant ainsi la mode, Elsa Schiaparelli établit de nouveaux codes : elle invente le défilé à thème, signe les premiers contrats de licence et ajoute au portrait du couturier un brin de folie désormais attendu. Le répertoire de ses inventions demeure à ce jour une source d’inspiration inépuisée pour les créateurs.

Quelques temps avant sa mort Elsa Schiaparelli fit deux donations : la première en 1969 au Philadelphia Museum of Art et la seconde en 1973 à l’UFAC (Union française des arts du costume). L’exposition présente une sélection de ces deux fonds enfin réunis et enrichis par de nombreux prêts provenant entre autres, du Metropolitan Museum of Art de New York, du Victoria & Albert Museum de Londres ou du Kyoto Institute.

du 6 juillet 2022 au 22 janvier 2023

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris

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Psychanalyse d’un meuble à quatre pattes

Treize manufactures, membres du collectif Haute facture de l’Ameublement français, révèlent leurs secrets dans une scénographie de Vincent Darré. Fin connaisseur de l’histoire des arts décoratifs et du bouillonnement intellectuel du XXe siècle, le décorateur couche sur le divan ces maisons porteuses d’un savoir-faire d’exception et fait entrer le visiteur dans un cabinet de curiosités aux multiples références en procédant à une étude très personnelle de meubles et d’objets de Haute facture.  Il convoque ici toutes les grandes figures et courants du XXe siècle en associant du mobilier emblématique de ces grandes maisons et des créations réalisées exclusivement pour l’exposition pour une sorte de voyage initiatique ….

La première pièce présente le travail du laqueur ATELIER MIDAVAINE, « j’ai voulu mettre en valeur les techniques en dessinant une étoile en différentes teintes d’ors et une pyramide en craquelé. Je me suis inspiré des solides de Platon, une structure géométrique, mais aussi d’une peinture d’un « singe décapsuleur ». Découverte de ce singe étonnant réalisé en 1950 par Jacques Midavaine à 20 ans et du tableau Sierra Leone réalisé en 1989, une laque noire éclairée à la feuille d’or blanc, œuvres qui n’ont jamais été montrées au public.

Vincent Darré a dessiné un espace spectaculaire pour POUENAT où il expose une rampe d’escalier sur mesure au décor en fer forgé peint, dorure à la feuille. Plus loin, un chevalet de Yann Le Coadic, la lampe Ypomer de François Champsaur, les lampes à poser Abysse de Valérie Serin-Lok et Sunrise de Rodolphe
Parente.

La chilienne Émile en cuir tressé, nouveau savoir-faire de la maison DUVIVIER CANAPÉS révèle les matières d’exception : cuir pleine fleur doublé de véritable feutre de laine, chêne massif et détails en laiton. On devine ici le geste de l’artisan et ses savoir-faire uniques. Présenté pour la première fois en cuir tressé à l’occasion de la Paris Design Week 2022. Puis le regard se pose sur les tables basses Gaël, comme des galets patiemment sculptés par le temps et les marées qui montrent le travail minutieux d’ébénisterie.

En face, en hommage à Louise Bourgeois, Vincent Darré recouvre des têtes de modistes de tapisserie issues de la manufacture d’Aubusson ROBERT FOUR. On est ébloui par les couleurs exclusives réalisées par le Maître teinturier, par les mélanges de textures et de fils qui peuvent aller jusqu’à six techniques de tissage toujours respectueuses de l’environnement. Le visiteur découvre ensuite une des pièces maîtresses de cette exposition : l’intrigant secrétaire néo- classique « Hypnos » de la maison d’ébénisterie TAILLARDAT qui renferme en son coeur un vase boule décoré signé de la Manufacture des Émaux de Longwy. Les deux faces astrales, le soleil et la lune, le jour et la nuit … posées sur un socle rotatif se reflètent dans un miroir ancien vieilli au mercure. Un petit fauteuil inspiré des années 30 et dessiné par Armand Albert Rateau pour Jeanne Lanvin complète la mise en scène.

Pour clore ce voyage hypnotique et fantaisiste dans l’histoire de l’art, Vincent Darré expose dans la troisième et dernière pièce rouge, des jeux de matières rares avec la console Julianne en frêne, olivier et bronze, les tabourets en bois massif « pris à cœur » ZIGI et le tabouret Tobias en ébène de Macassar et albâtre de la fabrique de mobilier PHILIPPE HUREL.

du 8 au 18 septembre 2022

MONNAIE de PARIS

11 quai Conti 75006 Paris

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After the rain

Quentin Vuong

la Galerie Yves Gastou présente pour la première fois le travail de Quentin Vuong, artiste-designer dont l’approche esthétique fait dialoguer les matières et les textures. Dans cette collection, la pluie s’invite dans le salon et fige l’éphémère à jamais sur le mobilier.

Les perles de résine noire sont déposées sur un bois mat, reproduisant la délicatesse de l’eau qui dort après l’orage.

Les miroirs sont liquides et imparfaits. Dorés à la feuille d’or blanc ou à l’argent fin, ils sont parsemés de craquelures, artefacts du geste humain. Ils révèlent des images brumeuses et immatérielles, expression du
temps qui passe.

En parallèle à cet ensemble de mobilier de Quentin Vuong, une collection d’objets d’art africain est présentée en collaboration avec Renaud Riley Gallery à l’occasion de la Paris Design Week et du Parcours des Mondes.

du 6 au 17 septembre 2022

GALERIE YVES GASTOU

12 rue Bonaparte 75006 Paris

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DOOMED AND FAMOUS

Selections from the Adrian Dannatt Collection“.

Adrian Dannatt a travaillé, de manière très occasionnelle, comme acteur, écrivain, conservateur, éditeur et artiste. Décrit par Guy Debord comme “ce héros journaliste”, il a également été qualifié de “irritating animated Brit twit” par Entertainment Weekly et, plus récemment de “l’une de ces merveilleuses figures à la Zelig” par Air Mail, . Il a longtemps vécu entre New York, Londres et Paris. Pour sa troisième exposition de ce type à la Galerie Pixi, après celles de New York et de Londres, et du lancement officiel en France du livre de Dannatt et de ses nécrologies sélectionnées, également intitulé “Doomed and Famous” (Sequence Press), il propose une sélection choisie parmi les œuvres d’art et les documents éphémères qu’il conserve soigneusement. Comme le livre lui-même, l’exposition est riche en excentricité, en bizarrerie et en obscurité, un méli-mélo éclectique reflétant un goût très personnel, sans oublier une réticence à dépenser trop d’argent. Certains des personnages dont les nécrologies apparaissent dans le livre ont d’ailleurs des œuvres dans l’exposition, comme Philippe Thomas ou James Metcalf.

Dannatt s’intéresse à ce qui détermine l’acceptable et le rejetable dans le monde de l’art “contemporain” qui s’autodiscipline et il aime jouer avec ces hiérarchies ; ainsi, on peut trouver une cascade de Charlotte Napoléon Bonaparte de 1833 à côté d’une seule ligne conceptuelle de Douglas Huebler de 1971. Des œuvres de la propre famille de Dannatt, que ce soit son père Trevor l’architecte moderniste, son oncle George l’artiste constructiviste, sa mère Joan la graveuse, ou son neveu Gabriel, parmi les plus jeunes artistes de l’exposition. Sans oublier une scène d’atelier parisienne de “notre cousin américain”, l’éminent William Dannat (1853-1929).

Des révolutionnaires, un tableau sauvage de Jacqueline de Jong datant des années 1960, et des réactionnaires, un dessin de 1820 représentant un chien de chasse par le duc d’Orléans. Des noms célèbres, Picasso, Paul Thek, James Lee Byars, Josef Simá, et des outsiders, des merveilles de brocanteurs et des pièces trouvées sur le trottoir. Il y aura de grandes œuvres, comme une installation lumineuse d’Adam Barker-Mill, et de toutes petites, comme une cuillère en argent de Claude Lalanne.

Des cinéastes, Tony Kaye, Alastair Paton, Michael Lindsay-Hogg à côté d’acteurs, Roger Blin, Edith Scob, un musicien Daniel Humair à côté d’une designer Julie Hamisky, des écrivains comme Luc Dietrich et Jonathan Meades à côté d’animateurs comme Caroline Leaf et Delphine Burrus. Certaines choses sont à vendre, à des prix allant de 60 000 euros à 10 centimes.

Vampirisme inversé” par Donatien Grau

Les objets assemblés dans la « collection » sont comme des fragments de ces rencontres, et donc un vampirisme au second degré. De son vampirisme, aux prises avec la vie, il extrait des objets, relations avec des artistes sur lesquels il écrira, trouvés lors de promenades avec des personnes qui seront aussi des sujets d’écriture, voire même objets de fascination pour d’autres – Patti Smith contemplant un portrait doublement familier … Cette image vampirique qu’Adrian entreprend de se donner est, aussi, un peu une illusion de dandy. On ne peut s’empêcher de penser à Baudelaire, autre dandy, qui voyait dans le temps « cet obscur ennemi qui nous ronge le cœur/ Et du sang que nous perdons croît et se fortifie ». C’est ainsi que Laurence Rickels a pu, parmi d’autres, développer une théorie vampirique de l’existence. Mais à examiner de près ce vampirisme, on se rend compte qu’il ne s’approche pas du tout d’Adrian – voire même qu’Adrian l’a en quelque sorte retourné, comme on retourne un vêtement, déjà usé par les vies, ainsi que ceux qu’il porte lui-même. (….) Le rapport à l’œuvre d’art est le même que celui à la personne ou au texte. L’homologie est absolue. Il n’y a pas de hiérarchie entre ce qui est considéré trivial, public, spectaculaire, et ce qui est plus secret, plus distingué ; la seule séparation est celle du goût, de la recherche d’un caractère ouvert, ce que signale l’anglais « special » plus que le français « particulier ». « Special » c’est ce qui est de l’espèce, et la manifeste dans son ampleur. L’espèce d’Adrian, c’est « la magnifique et lamentable famille des nerveux » que critique Cottard dans A la recherche du temps perdu et dont Yves Saint Laurent fait son identité, lors de son discours d’adieu. Mais cette espèce, chez Adrian, comme d’ailleurs chez Saint Laurent et chez Proust, dépasse son inquiétude pour atteindre une sorte de brillance de l’existence, qui fait que dans la boue il y a de l’or, et que l’or même ne brille que contre de la boue. (….)

(Donatien Grau est l’auteur de nombreux textes sur l’art, la littérature, et l’histoire des représentations (dont, récemment, La mémoire numismatique de l’Empire romain). Il est actuellement conseiller pour les programmes contemporains de la Présidence du musée du Louvre.)

du 3 Septembre au 5 novembre 2022

Galerie Pixi – Marie Victoire Poliakoff

95 rue de Seine 75006 Paris

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Sam Szafran

Obsessions d’un peintre

Sam Szafran (1934-2019) occupe une place très singulière dans l’histoire de l’art de la deuxième moitié du XXe siècle. Il a voué son œuvre à une approche figurative et poético-onirique du réel qu’il a développée loin du monde de l’art et de ses engouements, dans le retrait de l’atelier.

Une enfance particulièrement difficile, marquée par les catastrophes de la Seconde Guerre mondiale dans une famille d’origine juive-polonaise, lui a fait préférer cette solitude, se focalisant sur sa propre existence et ses états intérieurs pour donner naissance à ses thèmes de prédilection. Trois ans après la disparition de l’artiste, le musée de l’Orangerie met en lumière, dans la première exposition organisée par un musée français depuis deux décennies, les quelques sujets pour lui existentiels – ateliers, escaliers et feuillages – qui ont tous en commun son environnement immédiat.

L’économie parcimonieuse des représentations est contrebalancée par une fièvre d’expérimentation envoutante, qui fonctionne comme une ancre jetée dans l’histoire de l’art. En autodidacte d’une curiosité inépuisable, il s’est initié au pastel puis à l’aquarelle, terrains de recherche artistique qu’il a ardemment poursuivis. Szafran met à l’épreuve le regard, en déformant et déconstruisant la perspective, dans des lieux clos, hermétiquement fermés sur eux-mêmes.

Avec le temps, ceux-ci s’ouvrent, se fragmentent pour donner naissance à des visions éclatées où se multiplient les plans de temporalité dans lesquels les espaces se conjuguent et se confrontent, symboliques d’un ordre à jamais disparu.

Du 28 septembre 2022 au 16 janvier 2023

MUSEE de L’ORANGERIE

Jardin des Tuileries
Place de la Concorde
75001 Paris

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Paolo Roversi

Portraits

L’un des plus grands photographes de mode au monde mais aussi l’un des plus discrets, Paolo Roversi ne travaille plus aujourd’hui que pour quelques créateurs et magazines triés sur le volet. Ses expositions aussi sont rares : après Studio en 2002, Secrets en 2014, c’est seulement la troisième chez Camera Obscura, sa galerie française.

Didier Brousse, le galeriste, qui fut aussi le tireur de Roversi avant d’ouvrir sa galerie au début des années 90, cite l’immense portraitiste en disant que “Chaque photographie est à la fois un portrait et une autobiographie”.

Depuis ses débuts, Paolo Roversi travaille le polaroid dans son studio de peintre, à la lumière du nord. Les tirages, toujours réalisés au platine, à l’argentique ou au charbon par Tod Gangler, révèlent tous une part de magie et de poésie qui n’appartiennent vraiment qu’à lui et font de chacune de ses photos une oeuvre d’art.

du 3 septembre au 29 octobre 2022

Galerie CAMERA OBSCURA

268 Boulevard Raspail 75014 Paris

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Aline Asmar d’Amman

Architecte et fondatrice de Culture in Architecture, agence basée à Paris et à Beyrouth, Aline Asmar d’Amman crée des ponts entre les cultures tout en tissant un lien entre le passé et le présent. Elle puise dans un abécédaire construit de brut et de précieux, de patrimoine et de modernité, de poésie et de matérialité. Culture in Architecture a réalisé plusieurs projets d’aménagement intérieur emblématiques dans le monde, dont la rénovation de l’Hôtel de Crillon à Paris, le décor du restaurant Le Jules Verne, mythique adresse gastronomique de la Tour Eiffel, ainsi que la rénovation en cours du Palazzo Dona Giovannelli, futur Orient Express, l’un des joyaux historiques de la cité des Doges. Aline a également collaboré avec le grand Karl Lagerfeld sur des décors qu’il a signés et sur une collection de sculptures fonctionnelles, « Architectures » à la Carpenters Workshop Gallery. Récemment, elle a signé la scénographie architecturale du Pavillon du Liban à la Biennale d’art de Venise 2022. Elle poursuit un travail transversal allant de l’architecture intérieure à la direction artistique et la scénographie aux quatre coins du monde, avec une facture contemporaine engagée dans la transmission des savoirs et les conversations culturelles. Ses nouvelles créations font l’objet de deux expositions à Paris et bientôt à New York, en collaboration avec The Invisible Collection.

Conçue comme une invitation à se perdre dans les dédales des somptueuses archives des Boiseries Féau pour aller à la rencontre des meubles disséminés dans différentes pièces, la scénographie met en lumière l’accord parfait entre le patrimoine et la création contemporaine. Dans ce labyrinthe chargé d’histoires, une place de choix est laissée à une seule intervention artistique, celle de l’artiste Robert Montgomery, en collaboration avec la galerie Magda Danysz. Sous la verrière spectaculaire de 1885 où s’entremêlent miroirs et panneaux historiques, une imposante installation de textes en néon révèle un message poétique qui résonne avec nos sensibilités collectives : “All Palaces are Temporary Palaces“.

Au détour des portes, on découvre le mobilier qu’ Aline Asmar d’Amman a dessiné en célébrant une certaine vision de la féminité. Le dessin et les associations de matières se nourrissent tout à la fois de références artistiques, de l’amour de la mode et de ses silhouettes ou encore de rencontres éclectiques avec des projets ou des artisans.

Voluptueusement tressées, les formes sensuelles du salon de conversation “Georgia” vêtu de mohair rose poudré tranchent avec le dessin tendu et androgyne des luminaires “Smoking” striés de métal noir, coiffés de soie cartonnée blanche et surlignés de laiton brossé. L’albâtre, l’onyx rose, le marbre marquina et le bois zébrano font ici leur apparition.

Un peu plus loin, envoûtant et sophistiqué, le papier peint floral “Crystal Petal” imaginé pour la Maison De Gournay est une promesse d’éclosion éternelle et une ode à la symbolique de la terre-mère, brodé de cristaux écorchés à même le papier peint à la main. Tissés sur un paysage panoramique, des pierres aux bords vifs et des fleurs fantastiques marbrées et magistrales, s’entremêlent, poussant depuis un socle mural jusqu’à atteindre un ciel aquarellé évanescent, à la trame texturée comme un tissage délicat.

La masculinité irrévérente de la ligne de fauteuils Gent se pare, elle, d’une coque aluminium pliée et peinte en sfumato de lueurs métalliques, mi carrosserie de bolide lustré, mi abstraction nocturne en référence au Seascapes monochromes de Sugimoto. Entre greffe bionique et silhouette rétro, les pièces pivotent et révèlent un jeu de glissement de matières et de reflets, du velours au métal grisé et verni en dégradé.

En complément de la présentation de ces pièces, Aline révèle l’acte deux de “La Mémoire des Pierres“, son mobilier brutaliste et sauvage initié par une quête de “poésie concrète et d’upcyling. Associant marbres rares et oubliés en greffe sur la pierre dure de Vicenza, des tables basses baptisées “Stone Cloud” ponctuent l’espace de leur présence minérale et sculpturale.

Pour ce nouvel opus de la Collection, Aline Asmar d’Amman signe des pièces insolites, des tables basses sculpturales, sensuelles et poétiques, dont la création est déterminée par la rencontre avec des chutes d’onyx gris et d’onyx rose et du tracé poétique de leurs veines. La facture est exigeante avec une approche sculpturale de la fonction. La construction purement architectonique célèbre la pierre en mono matière et continue un travail initié en collaboration avec la troisième génération des tailleurs historiques du Laboratorio Morseletto, à Vincenza, transmise cette fois par des femmes.

Les “Stone Cloud” évoquent des nuages en onyx gris greffés sur des pieds en pierre de Vincenza naturellement écorchés sur leurs tranches puis sculptés selon un dessin intuitif en réponse aux veinages millénaire des marbres. En écho aux questionnements sur la mystique de la matière, ces pièces évoquent des figures de l’imaginaire astral trouvé dans les profondeurs de la terre, une question investiguée par l’essayiste et académicien français Roger Caillois. Ces sculptures fonctionnelles et totalement uniques poursuivent la recherche constante d’Aline entre brutalisme et haute facture, rareté et upcycling chargées de sens et de symboles.

Pour finir, le tapis “Iris Blush“, fabriqué par Ice Carpets en soie et laine, est une vague de sensations familières, l’empreinte de paysages mouvants, celui de l’air, de la mer, des sables errants. Teinté de variations infinies de rose naissant, du grisé au poudré, du violet dilué à l’ivoire nacré, c’est une toile composée à l’horizontale pour s’allonger dans le dessin et se fondre dans la trajectoire d’un voyage immobile.

jusqu’au 4 octobre 2022

chez FEAU Boiseries

9 rue Laugier 75017 Paris

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