À travers la présentation de peintures, sculptures, photographies, films, œuvres textiles et littéraires, cette exposition propose de mettre en avant le rôle primordial des femmes dans le développement des grands mouvements artistiques de la modernité.
Ces pionnières, comme Tamara de Lempicka, Sonia Delaunay, Tarsila do Amaral ou encore Chana Orloff, nées à la fin du XIXe ou au tout début du XXe siècle, accèdent enfin aux grandes écoles d’art jusqu’alors réservées aux hommes.
Au cours de ces éphémères années folles, beaucoup d’entre elles séjournent à Paris, pendant quelques semaines ou quelques années. Ces “femmes nouvelles” sont les premières à pouvoir être reconnues comme des artistes, posséder un atelier, une galerie ou une maison d’édition, diriger des ateliers dans des écoles d’art, représenter des corps nus, qu’ils soient masculins ou féminins.
Ce sont les premières à avoir la possibilité de s’habiller comme elles l’entendent, de vivre leur sexualité quelle qu’elle soit, de choisir leur époux ou de ne pas se marier. Leur vie et leur corps, dont elles sont les premières à revendiquer l’entière propriété, sont les outils de leur travail, qu’elles réinventent dans tous les matériaux, sur tous les supports. L’interdisciplinarité et la performativité de leur création ont influencé des générations entières d’artistes et continuent d’influencer encore aujourd’hui.
Si le choix de la peinture figurative effectué par Mayaux au début des années 1980 pouvait paraître « rétrograde » aux yeux de ses professeurs de l’école d’art de Nice, son intérêt récent pour les formes « natives », sa dilection pour l’aléa et le hasard le rendent suspect d’une régression plus grave encore, plus lourde de conséquences.
À plusieurs reprises déjà, il a flirté avec l’« esprit de la grotte ». Il s’est passionné pour les « grotesques », pour ce vertige archéologique d’un délire associatif. Un hasard des plus « objectifs » avait fait que la découverte des grotesques antiques était le fruit de recherches archéologiques menées dans la Maison dorée de Néron, enfouie plusieurs mètres sous terre. Ce qui passait pour être une grotte donna son nom à ce décor romain.
Livrant ses images au caprice d’une encre versatile, Mayaux s’aventure dans des grottes plus anciennes. La régression liée à cette exploration avait été dénoncée en son temps par un marxisme qui résumait la foi d’une époque dans le progrès que promettaient la science et la technique. Évoquant le stade d’une culture sous l’emprise de la nature, Friedrich Engels évoquait un « reliquat […] de ce que nous appellerions aujourd’hui stupidité. À la base de ces diverses représentations fausses de la nature, de la constitution de l’homme lui-même, des esprits, des puissances magiques, etc.1 ». Mayaux n’a pas cessé de revendiquer cette « stupidité ». Face à l’insouciance aveniriste des héros modernes, Sigmund Freud avait campé une humanité plus complexe.
« Sommes-nous en droit d’admettre la survivance du primitif à côté de l’évolué qui en est émané ? […] Nous rencontrons aujourd’hui encore toutes les modalités de vie les plus simples parmi les espèces vivantes. Celle des grands sauriens s’est éteinte pour faire place aux mammifères, et pourtant un représentant authentique de cette espèce, le crocodile, vit encore au milieu de nous. »
Mayaux est de ces grands sauriens… L’ironie avec laquelle il traite la science, les lois de l’évolution, les règles d’une perspective qui signe une maîtrise du monde relève d’un projet on ne peut plus cohérent, un projet par lequel s’éclairent, au-delà de l’anecdote d’une iconographie fantasque, ses liens avec le surréalisme.
Didier Ottinger, extrait du texte « L’envers est dans le fruit. », 2022.
Le 24 avril 2021, une exposition de l’artiste contemporain Douglas Gordon allait se tenir à l’Institut Giacometti. Elle devait réunir des œuvres inédites de l’artiste en écho à celles d’Alberto Giacometti. Les circonstances sanitaires l’ont retardée d’une année. Un report qui a suscité une collaboration au long cours sous la forme d’une « résidence » de Douglas Gordon. C’est la première fois qu’une institution dédiée à l’art moderne invite un artiste contemporain à s’associer à ses activités et à intervenir durant plusieurs mois.
À cette occasion, l’artiste a produit des œuvres nouvelles (sculptures, vidéos, textes) qui sont présentées en lien avec des œuvres d’Alberto Giacometti, parmi lesquelles de nombreux dessins inédits. Gordon découvre le travail de Giacometti lors de son premier voyage à Paris alors qu’il est encore étudiant à Glasgow. Dans la collection de la Fondation Giacometti, il a choisi les œuvres qui sont à la fois les plus spectaculaires et les moins monumentales. Des sculptures « de poche », qui tiennent dans la main et illustrent, plus que d’autres, cette fragilité de la condition d’artiste face à la création. Son travail sur la distorsion du temps et la tension entre des forces contraires rejoignent ainsi des interrogations d’Alberto Giacometti sur la condition humaine.
du 24 avril au 12 juin 2022
Institut Giacometti
5 rue Victor Schoelcher 75014 Paris
01 44 54 52 44
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https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2022/04/Douglas_Gordon___The_morning_after.jpg400600https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2019/12/logo-germanopratines-3-1030x221.png2022-04-08 23:38:002022-06-08 14:57:34Douglas Gordon
Eva Jospin est la nouvelle invitée du cycle du cabinet des dessins consacré aux artistes diplômés des Beaux-Arts de Paris qui s’imposent sur la scène artistique internationale. Pour l’occasion, l’artiste, connue pour ses sculptures – forêts composées principalement de carton, grottes ou folies en béton et pierre naturelle –, expose pour la première fois des dessins réalisés à l’encre de Chine. Une dizaine d’œuvres graphiques qui visitent les thèmes chers à l’artiste, mettant à jour le jeu de lignes et de stratifications qui structure toutes ses explorations.
Familière de l’esquisse, qu’elle pratique quotidiennement pour la réalisation de ses sculptures, l’artiste recense dans son travail deux types de dessins. Le premier est justement celui qu’elle compose à des fins préparatoires, plan de construction à valeur explicative pour son atelier de fabrication. Le second est une recherche esthétique, à travers un médium qu’elle a chéri pendant ses études, et qu’elle retrouve toujours avec bonheur pour exprimer ce que les autres matériaux ou techniques ne peuvent raconter.
À la différence du volume qui caractérise généralement ses œuvres, le dessin plat permet un regard en surplomb, comme une cartographie donnant à voir des reliefs symbolisés. Parce que les traits qu’elle exécute avec minutie évoquent cette idée de courbe de niveau voire d’empreinte digitale, ils renvoient aussi à la planche saillante qui conduit à l’estampe. En filigrane, on retrouve une référence à la gravure, technique qu’elle a notamment exercée au cours de sa carrière, à travers l’eau-forte, et qu’elle a privilégiée pour répondre à une commande du musée du Louvre. À cette occasion, elle est entrée dans la collection des chalcographies des musées nationaux, avec Grotto en 2017.
Pour mettre en dialogue des œuvres anciennes avec celles qu’elle a réalisées, sa préférence est allée vers les envois des architectes pensionnaires à l’Académie de France à Rome, consacrés à la Basilique de Constantin, Hector-Marie-Désiré d’Espouy (1888) et Jean-Jacques Haffner (1921) : ils donnent chacun à leur manière une vision spectaculaire de l’édifice. Elle a ensuite privilégié un dessin du peintre, archéologue et diplomate, Louis-François-Sébastien Fauvel, qui représente une coupe extraordinaire de la célèbre grotte Saint-Jean sur l’île d’Antiparos (1789) et quatre dessins de Louis-François Cassas, qui séjourne plusieurs années à Rome pour y relever les monuments antiques en ruine.
Avec d’Espouy, Haffner et Cassas, Eva Jospin fait résonner son amour pour l’architecture de l’antiquité romaine en particulier, appréciant ces édifices pour leur caractère monumental mais aussi leur aspect en ruine. Laissés à l’abandon et envahis par la végétation, ils sont pour elle une source inépuisable de contemplation et de rêverie. Conçus comme exercices, ces œuvres prennent pour cette diplômée des Beaux-Arts de Paris une valeur d’archive et d’apprentissage inestimable. Avec Fauvel, elle partage la fascination pour les grottes. Celle, majestueuse, qui est représentée, est théâtrale car de nombreuses célébrations s’y sont tenues, et touchante pour Eva Jospin puisqu’elle l’a visitée lors d’un séjour dans les Cyclades.
Au-delà des sujets figurés, le fil conducteur est l’esprit du « Grand Tour », ce voyage d’initiation à la beauté et au monde que les artistes devaient accomplir aux XVIIe et XVIIIe siècles, pérégrinant de capitales en hauts-lieux culturels pour y contempler des chefs-d’œuvre antiques et s’en inspirer. C’est de cette tradition qu’est né le prix de Rome, bourse attribuée à de jeunes artistes pour se perfectionner dans leurs disciplines, tel d’Espouy, évalué lors de sa quatrième année par les dessins ici présentés. Supprimé en 1968, le concours s’est transformé en pension à la villa Médicis, dont a pu bénéficier Eva Jospin après ses études aux Beaux-Arts de Paris. C’est au cours de son séjour qu’elle découvre au Palais Colonna la salle des broderies en compagnie d’une restauratrice de tissu. Ici commence un projet de grande ampleur, celui de concevoir des paysages brodés. Les esquisses préliminaires nécessaires à l’élaboration des pièces vont influencer son style de dessin, car le sens du trait préside au sens de la broderie.
Sa main désormais instruite de toutes ces expériences a composé pour le cabinet des dessins des Beaux-Arts des œuvres telles des rêveries poétiques, greffées sur une structure familière – qu’il s’agisse d’élément architectural (façade d’église, cénotaphe, folie) ou d’élément naturel (grotte, falaise, monticule). Une promenade optique oscillant entre langage conscient partagé et monde souterrain, propre à chaque regardant.
« Je recherche l’inattendu », confie Mehmet Güleryüz, qui exécute ses toiles d’une traite, sans croquis ni idée préalable, sans jamais savoir quelle forme prendra l’œuvre finale. Un art de la spontanéité initié il y a six décennies en s’inspirant de son expérience de l’improvisation théâtrale et qu’il pratique depuis à un rythme quasi quotidien. « Une fois lancé, je tire mon fil d’Ariane sans m’arrêter, jusqu’à ce que le tableau soit achevé », explique le maître aujourd’hui âgé de 83 ans qui passe couramment dix à quinze heures d’affilée sur ses œuvres, généralement de nuit.
Il y a trois ans, Cyril Guernieri exposait pour la première fois les œuvres de Mehmet Güleryüz. Il récidive aujourd’hui avec une exposition d’œuvres récentes de ce grand maître de 83 ans. Des tableaux exécutés Quai aux fleurs, à Paris, où il réside désormais, ce qui explique le titre qu’il a souhaité donner à son exposition. Artiste pleinement ancré dans son temps, Mehmet Güleryüz ne se cantonne pas à une recherche étroitement picturale ou esthétique. Sa démarche ne vise ni le beau, ni le spectaculaire. La peinture est pour lui un moyen de donner forme au regard qu’il porte sur le monde et sur ses contemporains.
Mehmet Güleryüz a emménagé dans son nouvel atelier début 2019. Sa situation géographique – en bord de Seine et à quelques mètres de la maison d’Heloïse et Abelard – et les circonstances – la pandémie de Covid 19 et les confinements successifs avec son épouse – ont fortement influencé sa création. Entre son installation et la fin de l’année 2021, il a réalisé plus de deux cents toiles et mille dessins ! « C’est comme un journal du confinement », explique le maître turc qui a ainsi donné comme titre à ses toiles la date de leur exécution. De ces œuvres, dont la galerie Cyril Guernieri présente une sélection resserrée, se dégagent deux thématiques centrales qui préoccupent infiniment notre monde : la Montée des eaux d’abord, car l’eau est une thématique récurrente dans l’œuvre du maître, mais aussi les rapports homme-femme.
L’eau apparaît dans cette exposition comme porteuse d’une menace que l’on pressent ou d’une catastrophe en cours, invisibles pour le spectateur mais que l’on devine à l’inquiétude de personnages dans l’expectative, fuyant le danger ou écopant désespérément. On songe, bien entendu, à la montée des eaux et, lorsqu’on l’interroge, Mehmet Güleryüz évoque tour à tour la crue de 1910 de la Seine, qui coule juste devant son atelier, et le risque de tsunami qui menace sa ville natale, Istanbul. Risque jugé si imminent que la municipalité a commencé à installer dans les rues des plaques signalétiques indiquant dans quelle direction fuir, au cas où surgirait la vague.
Autre sujet récurrent : le couple. De son enfance ballotée entre un père et une mère très tôt séparés, Mehmet Güleryüz a gardé la conviction qu’il y a une incompréhension fondamentale entre hommes et femmes parce qu’ils habitent des temporalités différentes. Les uns sont happés par la course du monde, les autres sont habitées par sa vérité tragique et c’est ce qui, selon lui, les rend plus mystérieuses et plus fortes. Dans les nombreuses scènes de couple qui émaillent les œuvres présentées galerie Cyril Guernieri, les hommes quêtent sans y parvenir l’attention des femmes, dont les regards sont le plus souvent perdus dans un ailleurs lointain. Mais que l’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas là simplement du rapport homme-femme. Le couple est pour Güleryüz la figure archétypale de la relation à l’autre, mais aussi au monde, rapport miné par l’égocentrisme et la volonté de domination.
L’espoir est pourtant bien là. On le trouve en particulier dans cette magnifique toile aux tons bleus et jaunes où un homme et une femme, à demi-immergés, brandissent un oiseau mort. Oui, espoir, malgré les circonstances navrantes dépeintes, car pour une fois ces deux-là regardent dans la même direction. Ils nous alertent, ensemble, de la tournure tragique que prennent les événements. Ils se tiennent serrés l’un contre l’autre. Ils ont conscience que pour faire face ils ont besoin l’un de l’autre. Et ce tableau fait écho à une autre œuvre aux tons également bleutés et à l’univers marin où un tigre et un zèbre se tiennent côte à côte devant un iceberg, dans une atmosphère de déluge. Des animaux au pelage bicolore, semblables dans leur dissemblance. Le prédateur et sa proie unis face à la catastrophe. Une invitation à faire tomber les frontières artificielles, à dépasser les antagonismes, les rivalités, les hiérarchies, les compétitions. Pour nous réconcilier et œuvrer ensemble. L’avenir du monde en dépend. Il y a urgence…
L’exposition Le Monde de Steve McCurry présente plus de 150 photos imprimées en grand format pour la première fois à Paris. Elle est la rétrospective la plus complète dédiée au photographe américain. On peut y admirer ses photos les plus célèbres, réalisées tout au long de ses 40 ans de carrière, mais également ses clichés les plus récents et maintes photos inédites.
Chacune des images de Steve McCurry, pour la plupart connues dans le monde entier, renferme un univers complexe d’expériences et d’émotions.
L’exposition, conçue par Biba Giacchetti, propose un long voyage dans le monde de Steve McCurry, de l’Afghanistan à l’Inde, de l’Asie du Sud-Est à l’Afrique, de Cuba aux États-Unis, du Brésil à l’Italie, à travers son vaste et fascinant répertoire d’images, où l’Humain est toujours le protagoniste principal, même s’il n’est qu’évoqué.
du 9 décembre 2021 au 31 juillet 2022
MUSEE MAILLOL
59-61 rue de Grenelle 75007 Paris
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https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2021/12/Steve-Mc-Curry-Musee-Maillol-INDIA-10203_web.jpg13332000https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2019/12/logo-germanopratines-3-1030x221.png2022-03-21 14:59:002022-08-10 14:39:34Le petit monde de Steve McCurry
La Frick Collection, ouverte au public en 1935 dans la « mansion » new-yorkaise du magnat de l’industrie et grand collectionneur Henry Clay Frick (1849-1919), est l’un des plus importants musées d’art européen des États-Unis. À la faveur de la fermeture de l’institution pour travaux et de la présentation temporaire des collections au « Frick Madison » entre 2021 et 2023, un important ensemble d’œuvres du peintre américain James Abbott McNeill Whistler (1834-1903) quitte New York pour la première fois depuis plus d’un siècle pour être présenté au musée d’Orsay.
Avec les États-Unis et le Royaume-Uni, la France est une des trois patries du peintre. Né en 1834 dans le Massachussetts, Whistler fait son apprentissage et ses débuts à Paris entre 1855 et 1859. Après son installation à Londres, l’artiste garde un lien privilégié avec la scène artistique parisienne, exposant aux côtés des refusés en 1863 et devenant dans les années 1890 l’un des « phares » de la nouvelle génération symboliste. En 1891, l’État français achète son chef-d’œuvre : Arrangement en gris et noir : portrait de la mère de l’artiste. À la même date, Henry Clay Frick bâtit sa collection, et au début des années 1910, l’ouvre à l’art de la fin du XIXe siècle. Il achète dix-huit œuvres de Whistler – peintures et arts graphiques – faisant ainsi de cet artiste l‘un des mieux représentés de sa collection. Aujourd’hui, les grands portraits en pieds de Whistler comptent parmi les œuvres les plus admirées des visiteurs au côté des remarquables peintures d’Holbein, Rembrandt, Van Dyck ou Gainsborough de la collection.
Au Musée d’Orsay sont présentés l’étonnant paysage L’Océan, peint par Whistler lors d’un voyage au Chili, trois pastels et douze estampes à sujets vénitiens, et trois grands portraits représentatifs de ses célèbres « symphonies en blanc » et « arrangements en noir » : le portrait de Mrs Frederick Leyland (chef-d’œuvre de l’Aesthetic Movement) , le portrait de Rosa Corder, et enfin celui de l’extravagant esthète Robert de Montesquiou-Fezensac. Ce dernier, l’un des ultimes tableaux peints par Whistler, est probablement l’œuvre la plus moderne de la collection de Frick. Alors que l’année 2022 est placée sous le signe de Marcel Proust, dont nous célébrerons le centenaire de la mort, cette effigie nous rappelle aussi l’influence de Montesquiou et de Whistler dans l’élaboration de La Recherche et la création des personnages du baron de Charlus et du peintre Elstir.
Cinéaste de réputation internationale pour ses expériences filmiques, Jean Painlevé (1902-1989) fut un spécialiste du documentaire scientifique et des techniques cinématographiques.
Associé à l’avant-garde, Painlevé utilise le cinéma comme un outil d’exploration pour révéler des aspects inconnus et mystérieux d’organismes vivants. Il accompagne le spectateur avec un récit descriptif et informatif sur les sujets étudiés, tandis que, dans la plupart de ses films, les images alternes continuellement entre observations à l’échelle réelle et analyses à l’échelle microscopique.
Durant l’entre-deux-guerres, son œuvre est diffusée hors du champ scientifique, dans des salles de cinéma d’avant-garde et dans les cinéclubs. Painlevé est rapidement reconnu et ses publications dans la presse illustrée des années 1930 contribuent à sa notoriété. Son attitude non conformiste et ses affinités avec l’esprit surréaliste sont sans aucun doute à l’origine du lien privilégié qu’il entretient avec le cinéma documentaire indépendant. L’aisance avec laquelle il traverse les frontières entre science et art prend source dans ses fréquentations artistiques : Jacques-André Boiffard, Alexander Calder, Ivan Goll, Fernand Léger, Éli Lotar, Pierre Naville, Pierre Prévert, Jean Vigo…
À partir des années 1950, Painlevé et Geneviève Hamon, sa compagne et collaboratrice, réalisent un nombre important de films de recherche alors que leur œuvre personnelle se poursuit, nourrie par les recherches des zoologistes et biologistes pour lesquels ils travaillent. Quatre aspects majeurs soulignent la spécificité de cette œuvre : le littoral comme terrain de prédilection ; l’approche scientifique et pédagogique ; les relations avec le mouvement surréaliste ; enfin, la dynamique du montage cinématographique et le rôle du mouvement, du rythme et de la danse comme caractéristiques et motifs.
Cette exposition situe le travail de Painlevé dans le contexte historique et scientifique de sa réalisation, mettant en lumière l’importance de la recherche dans son œuvre. Inspirant aujourd’hui encore maints artistes, il trouve sa résonance actuelle dans la manière dont les films immergent le spectateur dans un espace mental indéfini qui, entre expériences familières et dérive onirique, est à même de déstabiliser aujourd’hui encore notre sens de la réalité.
Au sortir de la guerre, la situation est critique en France, comme en Europe ! La France est divisée en régions administratives qui nécessitent d’importants plans de relance, en partie soutenus par le Plan Marshall ; c’est la période de la Reconstruction. C’est dans ce contexte des années immédiates de l’après-guerre que Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret, Jean Prouvé et Georges Blanchon vont soutenir le développement du B.C.C. (Bureau Central de Construction), basé à Grenoble.
Fondé à l’origine en 1939, par Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret, Jean Prouvé et Georges Blanchon, sous le nom de B.C.C. (Bureau Central de Construction), celui-ci proposait la réalisation de constructions préfabriquées, suivies de propositions d’aménagement intérieur. La période 1939-1944 qui fonctionne au ralenti, est néanmoins marquée par deux constructions déterminantes : les bâtiments préfabriqués pour l’entreprise S.C.A.L. à Issoire (1939-1940) où Charlotte Perriand réalisa aussi du mobilier et les maisons B.C.C. à Saint-Auban (1941-42). Dés cette époque, quelques meubles apparaissent dont le fauteuil paillé, le tabouret paillé à 4 pieds et la guéridon triangulaire qui seront en partie repris par le BCC ainsi que dans l’aménagement de Méribel. De son côté, Charlotte Perriand dessine aussi pour chez elle un grand bureau ‘en forme’ avec un caisson et un bahut à doubles portes coulissantes.
Au lendemain de la guerre, Charlotte Perriand – qui entre temps est revenue d’Asie en 1946 – commence à travailler sur quelques projets qui lui tiennent à cœur, dont celui de lancer une édition de mobilier en série. Forte de son expérience asiatique, comme conseillère au Japon, pendant deux ans puis son travail de recherche et de réalisation en Indochine, Charlotte Perriand réfléchit avec Pierre Jeanneret – qu’elle a retrouvé – à un mobilier sobre, minimal, simple mais surtout fonctionel et utile. Après d’intenses recherches de financement et de production, le BCC réalise une première édition de mobilier : Equipement de la Maison – Meubles de Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret.
Cette édition tout en bois comporte tous les meubles nécessaires à l’aménagement intérieur, allant des tables de salle à manger, assises, tables basses, aux bureaux, meubles de rangement ou encore bibliothèques. Celle-ci présentera une première édition avec certains meubles – comme les bureaux – en bois brut, généralement en pin ou encore des bahuts à portes en aluminium. Puis une seconde édition vers 1949 avec des meubles en frêne, souvent en placage de frêne. Il est à noter que le contrat d’édition d’époque permet aussi à chacun, un travail indépendant, puisqu’en parallèle Pierre Jeanneret est architecte et Charlotte Perriand décoratrice : Charlotte Perriand réalisera donc d’autres équipements intérieurs sous son seul nom.
A l’époque, ces meubles se retrouvent souvent présentés dans des appartement-témoins, comme l’Unité d’Habitation à Marseille, les logements standards à Toulon ou encore la Maison Minimum à l’Exposition Internationale de l’Habitation, Exposition ‘Formes Utiles’..).
Au final, cette édition se fera dans des conditions qui n’ont pas toujours été faciles, dues spécifiquement au contexte de l’Aprés-Guerre. En 1949, Georges Blanchon décide de quitter le bureau de Grenoble, vue le peu de perspective et d’ambition. La même année la collaboration entre Perriand et Jeanneret prend fin alors que Pierre Jeanneret se tourne déjà vers Chandigarh pour construire avec Le Corbusier, la capitale du Penjab. Le BCC s’arrêtera en 1952 alors que Georges Blanchon créé, la même année, le B.C.B. (Bureau de Coordination du bâtiment) et reprend les éditions jusque dans les années 60. Le mobilier sera entre autres distribué par la Galerie Steph Simon qui édite aussi, à l’époque, les nouveaux meubles de Charlotte Perriand et ceux de Jean Prouvé.
du 10 mars au 16 avril 2022
Laffanour Galerie Downtown/Paris
18 rue de Seine 75006 Paris
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https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2022/03/Laventure-du-B.C.C.-1939-1952-pierre-jeanneret-table-6.jpg645509https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2019/12/logo-germanopratines-3-1030x221.png2022-03-09 17:57:492022-04-15 10:02:49L’aventure du B.C.C. (1939-1952)
Dans les années 1930, alors que s’impose un modernisme tout en lignes droites, de nombreux créateurs s’emparent de ce répertoire fantaisiste qui se souvient de la mythologie grecque, des chambres aux merveilles des princes de la Renaissance, des fêtes royales à Versailles et des contes de fées.
Ce style passé à la postérité dans le film « La Belle et la Bête » de Jean Cocteau (1946) charme après guerre les vitrines des grands couturiers Christian Dior ou Cristobal Balenciaga, tandis que la créatrice Line Vautrin triomphe avec ses miroirs « sorcière » convexes aux formes inspirées de la nature. Elles résonnent avec les créations contemporaines illusionnistes de Joy de Rohan Chabot, meubles et miroirs peuplés de fleurs émaillées et de branchages de bronze doré.
Avec l’exposition « Féeries », la galerie Chastel-Maréchal met à l’honneur la veine la plus enchanteresse de la modernité. En verre églomisé, en miroirs, en stuc, en bronze… Ces luminaires, sculptures, meubles et autres miroirs précieux revisitent avec esprit, en plein XXe siècle, l’art et l’architecture des siècles passés. Signés Line Vautrin, Janine Janet, Syrie Maugham, Jean-Charles Moreux, Serge Roche, Max Ingrand ou Joy de Rohan Chabot, des années 1930 à nos jours, ils brouillent les repères spatio-temporels et invitent à la rêverie.
« Nous avons besoin de ré-enchanter le quotidien. Cette nécessité m’a donné l’idée de réunir ces pièces féeriques qui sont des œuvres majeures du XXe siècle. », explique Aline Chastel. La galeriste a choisi de confier la scénographie à l’artiste polymorphe Patrick Hourcade. Le créateur a réalisé une mise en lumière créant un espace onirique qui rappelle les ambiances de mise en lumière de James Turrell et Bob Wilson.
Joe Warrior Walker est né en 1989 et a grandi dans la ville balnéaire de St Ives, en Cornouailles. Il a passé une grande partie de son enfance à voyager en Asie avec ses parents. Sa mère d’origine indienne et son père britannique sont tous deux des artistes actifs qui partagent leur temps entre l’Angleterre et l’Inde. En 2011, il s’installe à Londres pour étudier à la Chelsea School of Art. La même année, il est lauréat du Brenda Landon Portrait Prize. Après avoir obtenu son diplôme avec mention très bien, il reçoit une bourse pour effectuer un master à l’UEA de Londres. Puis il commence à exposer dans diverses galeries londoniennes telles que Lacey Contemporary et The Strand Gallery. En 2016, il s’installe à Bristol où il travaille actuellement dans les BV Studios. Parallèlement il expose son travail a été au Royaume-Uni et à travers le monde.
Le terme Chalkland parle de sa Cornwall natale, des paysages ruraux caractéristiques du sud de l’Angleterre, mais aussi de ses souvenirs d’enfance en Inde, créant un espace intermédiaire où les dualités fusionnent, où les paysages multiples ne font qu’un.
Ses peintures suggèrent la mémoire d’un lieu ou d’une expérience à moitié oubliée, un moment dans le temps. Les toiles sont intuitivement superposées avec de la craie et du pigment indien brut, créant une surface dense avec des textures épaisses et des lavis fins qui font allusion à un espace et une perspective internes. Les tableaux conservent ainsi des traces de quelque chose de tangible, tout en oscillant entre abstraction et figuration.
du 10 septembre au 12 octobre 2022
SEPTIEME Gallery 31 rue de l’Université 75007 Paris
La Rome du XVIIe siècle est présentée au travers de trente-quatre feuilles sélectionnées parmi les chefs-d’œuvre de la collection des Beaux-Arts de Paris. Ces dessins permettent de mesurer l’importance du souffle baroque, autour des personnalités les plus marquantes du siècle : le Bernin, Pierre de Cortone, Salvator Rosa ou bien Carlo Maratti.
Une fois installés et protégés par des familles illustres, les artistes cherchent à imposer leur style qui se diffuse grâce à la vitalité de leurs ateliers. L’exposition met également en lumière leurs élèves et collaborateurs, qui, tels Ciro Ferri ou Giuseppe Passeri, se révèlent des dessinateurs talentueux.
Scènes religieuses ou mythologiques, paysages, projets décoratifs et architecturaux, esquisses préparatoires à des grands décors ou des tableaux de chevalet, feuilles destinées à des amateurs passionnés rendent compte de l’extraordinaire activité de ces artistes dans tous les domaines de la création.
du 3 février au 24 avril 2022
Ecole Nationale des Beaux-Arts Cabinet des dessins Jean Bonna
14 rue Bonaparte 75006 Paris
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https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2022/02/Giuseppe-Cesari.jpg800510https://germanopratines-staging.ovh/wp-content/uploads/2019/12/logo-germanopratines-3-1030x221.png2022-02-11 15:32:072022-04-23 10:56:13Le Baroque à Rome