, ,

Paris – Athènes

Naissance de la Grèce moderne 1675 ‐ 1919

Organisée à l’occasion du bicentenaire de la Révolution grecque de 1821, l’exposition souhaite mettre en valeur les liens unissant la Grèce et la culture européenne, en  suivant notamment le fil des relations entre Paris et Athènes.

Aux 17e et 18e siècles, les ambassadeurs en route vers la Sublime Porte découvrent en Grèce une province ottomane, qui intéresse vivement les artistes et les  intellectuels. En 1821, la guerre d’Indépendance grecque, soutenue militairement et financièrement par certains pays européens, suscite un enthousiasme populaire.

Libérée en 1829, la Grèce proclame Athènes comme capitale en 1834. Influencé par la présence allemande et française sur son territoire, le nouvel État grec construit son identité culturelle moderne en puisant aux sources du néoclassicisme français et allemand.

La défense du patrimoine national et la collaboration européenne marquée par la création d’instituts archéologiques, comme l’École française d’Athènes en 1846, sont à l’origine d’un bouleversement des connaissances sur le passé matériel de la Grèce.

L’exposition entend pour la première fois croiser cette histoire de l’archéologie avec l’histoire du développement de l’État grec et des arts modernes. Les fouilles de Délos,  Delphes ou de l’Acropole sont à l’origine de la redécouverte d’une Grèce colorée très éloignée des canons du néoclassicisme. À la fin du 19e siècle, les grandes  expositions universelles donnent à voir un nouvel art grec moderne, marqué par la reconnaissance de l’identité byzantine et orthodoxe de la Grèce.

du 30 septembre 2021 au 7 février 2022

MUSEE du LOUVRE

,

Chefs-d’Oeuvres photographiques du MOMA

La collection Thomas Walther

En 2001 et en 2017, le Museum of Modern Art de New York (MoMA) faisait l’acquisition de plus de 350 photographies provenant du collectionneur suisse Thomas Walther. Cet ensemble, qui constitue aujourd’hui un des piliers de la collection moderne du MoMA, est présenté pour la première fois hors de New York, dans une exposition rassemblant environ 230 images.

Comprenant des oeuvres iconiques de la premiere moitié du XXe siècle, l’ensemble permet d’écrire une histoire des avant-gardes photographiques européennes et américaines. À travers les oeuvres d’une centaine de photographes, de Berenice Abbott à Karl Blossfeldt, de Claude Cahun à El Lissitzky, d’Edward Weston à André Kertész, entre chefs-d’oeuvre et images moins connues, la collection retrace l’histoire de l’invention de la modernité en photographie.

Mêlant les genres et les approches (architecture et vues urbaines, portraits et nus, reportages, photomontages et experimentations…), l’exposition explore les réseaux artistiques de l’Entre-deux-guerres, du Bauhaus au Paris surréaliste, en passant par Moscou et New York. Par sa radicale invention visuelle, l’ensemble rend enfin parfaitement compte de l’esprit d’utopie de ceux qui voulaient changer les images pour changer le monde et fait pleinement comprendre les propos du photographe et théoricien Lazlo Moholy-Nagy qui, il y a maintenant un siècle, affirmait que « l’analphabète du futur ne sera pas l’illettré mais l’ignorant en matière de photographie ».

du 14 septembre 2021 au 13 février 2022

JEU DE PAUME

1, place de la Concorde 75001 Paris

,

Latin American Modernism : From Architecture to Design

En 1955, s’ouvre au MOMA une grande exposition d’architecture qui inaugure un nouveau regard sur la création architecturale en Amérique Latine et son importance au niveau mondial : Latin American Architecture since 1945. Bien que les architectes sud-amércains soient moins connus internationalement, à cette époque – l’Amérique et l’Europe prédominent encore – il existe pourtant plusieurs courants architecturaux, imprégnés d’origines historiques diverses, complétés de Modernités occidentales. Cette influence euro-américano-hispano-indienne révèle en fait une sensibilité architecturale propre à l’Amérique Latine qui se découvre à travers de nombreuses constructions, tant privées que publiques.. Pour couvrir cette importante période de l’après-guerre (1945-1990), l’exposition s’axera sur trois personnalités majeures de premier plan : un Mexicain (Luis Barragan) et deux autres brésiliens (Zanine Caldas et Oscar Niemeyer) pour lesquels l’architecture et le mobilier ont été des éléments importants, déterminants, liés ensemble bien sûr et faisant toujours partie de leurs vies créatives.

Luis Barragan se tourrne très rapidement vers l’architecture moderne, à la fin des années 20, alors qu’il entreprend un voyage en Europe pour y découvrir différents courants, en Allemagne, en France, en Angleterre et en Espagne. En 1931, il se rend à Paris pour y écouter une conférence de Le Corbusier sur l’architecture moderne concernant avant tout les villas Savoye et Stein..
A cette même époque au Brésil, Oscar Niemeyer réfléchit avec Lucio Costa – les futurs architectes de Brazilia – à la conception d’un nouveau bâtiment pour le ministère de l’Education et de la Santé. A la suite de nombreux échanges avec Le Corbusier, ils réalisent en 1936 un immeuble dont les idées phares de Le Corbusier se trouvent véhiculées dans cette nouvelle architecture moderne brésilienne.. De l’architecture européenne avant-gardiste (Mies van Der Rohe, Walter Gropius, Le Corbusier) mais aussi américaine (Frank Lloyd Wright), Oscar Niemeyer inventera et définira son propre style qui se reportera aussi sur le mobilier, dans les années 60-70.

En 1935, Luis Barragan s’installe à Mexico, devenue dans les années 20-30, un épicentre culturel, intellectuel et artistique de l’Amérique Latine où se côtoient de nombreux artistes locaux et internationaux ; parfois émigrés pendant la guerre. Les années 50-60 sont une période de grand développement où Luis Barragan réalise plusieurs maisons privées , dans le quartier de San Angel à Mexico, qui lui permettent de développer et d’affiner son style. Fonctionnaliste et dépouillé, les couleurs du Mexique traditionnel y resurgissent (rose, bleu, rouge). La nature est aussi très présente tout comme la lumière et les formes minimales que peuvent créer les ombres ; tout est très réflécdhi dans ces espaces intérieurs et extérieurs. Sa dernière maison : la Casa Gilardi (1975) clôt plus de 30 ans de recherches !
De ses architectures géométriques, né un mobilier extrêmement dépouillé en bois traditionnel – le sabino – qui accompagne avant tout l’architecture Intérieure du lieu. Le mobilier devient rapidement un complément de l’architecture intérieure !

Au Brésil, apparaît dés le milieu des années 50, un ébéniste de renom : Zanine Caldas, sensible aux différents aspects que peuvent mettre en avant les bois brésiliens. Tout au long des années 60-70, il réalise des meubles en bois exotiques pour de somptueuses villas modernes aux espaces ouverts. Fasciné par le bois qu’il récupère – et particulièrement le pequi – il dessine des meubles aux formes organiques, massives qui mettent le bois en majesté.
Mais ses recherches vont plus loin puisque, dés le départ, il respecte des traditions ancestrales qui ont toujours pris en compte la protection de la nature : la Forêt amazonienne. Avec son regard écologique qui lui est propre, il montre comment pour éviter de gâcher du bois, il travaille directement à partir de troncs récupérés, non utilisés ! ! Les souches de bois restantes vont dans la réalisation d’autres meubles, voir d’éléments d’architecture .. C’est une réflexion bien d’actualité !
Du mobilier il se tournera, à la fin de sa vie, vers l’architecture, où le bois, dans la construction, permet de créer des espaces vraiment nouveaux.

Oscar Niemeyer s’exile en France en 1964, avec comme bagage, la reconnaissance internationale de son architecture. Il réalise quelques bâtiments célèbres en France avec, tout d’abord, le Siège du Parti Communiste, à Paris (1968-71). S’en suivront quelques études de projets et autres constructions, comme la Bourse du Travail à Bobigny (1978) ou encore la Maison de la Culture du Havre (1982). Néanmoins, il se tourne aussi vers la réalisation de mobilier avec le soutien de la firme française : Mobilier Internationale, à Paris. Il réalise donc des meubles aux courbes minimales, qui accompagnent ses intérieurs. Emblématique des années 60-70, ils meubleront certaines administrations et lieux publics de cette époque, tout comme des espaces privés, représentatifs de leur époque..

du 14 Octobre au 6 Novembre 2021

LAFFANOUR – GALERIE DOWNTOWN

18 rue de Seine 75006, Paris

,

Charles Zana

Ithaque

Charles Zana, au fil de son métier d’architecte, a toujours ressenti le besoin de créer un paysage décoratif d’une
grande douceur. « J’aime la beauté des endroits vides, j’enlève les aspérités, les volumes impurs pour créer des
espaces de vie. » Par son expression sensible, il invente des atmosphères aux courbes délicates, aux tonalités subtiles,
un cocon articulé sur le goût et les besoins de ses clients, mais également sur ses convictions profondes. Grâce à
ses réalisations sur-mesure, pour des clients privés et des lieux d’hospitalité, il contribue à la définition d’un espace
global, « la particularité de l’agence est de préciser dans le projet, une solution qui englobe un spectre large, du
général au détail. » Ses références sont issues de la tradition des ensembliers des années 30. Les matériaux naturels
de Jean-Michel Frank, la tension des compositions de Pierre Chareau, le jeu coloré de Luigi Caccia Dominioni et
la sensualité de Gio Ponti nourrissent par touches subtiles et allusives, ses compositions de meubles et de décors.

Fort de ses premières créations de mobilier et de luminaires, uniques par essence, Charles Zana invente sa première collection de mobilier auto-produite haut-de-gamme. Par le choix du nom symbolique d’Ithaque, il exprime la constance de son voyage initiatique tout au long de trente ans d’expérience de l’agence, une boucle inspirée et créative, exprimant son identité, sa valeur.

Déployant un inventaire poétique de meubles raffinés, il propose des tables, un bureau, des assises, une tête de lit et des luminaires pour servir un cadre de vie contemporain à l’usage des amateurs sensibles. Les éditions sont conçues dans le droit fil de ses principes décoratifs : un choix exigeant pour une harmonie de matière, de couleur et de volume. Cette première gamme fonctionnelle exprime une esthétique délicate, quasiment archétypale, dont la présence scelle l’alliance du monde sensible et du regard porté sur lui.

du 19 au 24 octobre 2021

72 rue de l’Université 75007 Paris

,

Histoires de photographies

Collection du Musée des Arts Décoratifs

Le Musée des Arts Décoratifs présente une exposition de ses collections de photographies, révélées pour la première fois au public. Ce fonds patrimonial exceptionnel, riche de plus de 350 000 phototypes, rassemble des photographies de mode, d’architecture, de paysage, de décor, mais aussi publicitaires, allant des années 1840 aux créations les plus récentes.

«Histoires de photographies» retrace, à travers 400 tirages originaux et négatifs, un siècle et demi d’histoires photographiques immortalisées par de grands noms tels Eugène Atget, Laure Albin-Guillot, Dora Kallmus, plus connue sous le nom de Madame d’Ora, Man Ray, Cecil Beaton, Robert Doisneau, Bettina Rheims, David Seidner…

Chronologique et thématique, l’exposition dévoile la diversité des usages de la photo — politique, économique, juridique, artistique ou documentaire — et met en lumière les croisements, sensibles ou inattendus, avec les arts décoratifs. Elle offre ainsi un regard neuf sur le rôle de premier plan que le Musée des Arts Décoratifs a joué dans la reconnaissance de la photographie sur la scène artistique française.

Dès son origine en 1864, l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie – aujourd’hui Les Arts Décoratifs – envisage la photographie comme un «art appliqué à l’enseignement et à la vulgarisation». Elle est alors considérée comme l’un des vecteurs les plus efficaces pour inspirer les ouvriers et artisans en plein contexte d’émulation artistique et économique. Au temps des premières expositions d’arts industriels, l’institution produit ses propres photographies grâce au laboratoire qu’elle met en place en 1883 et appelle les photographes à rejoindre ses rangs afin de fournir des modèles, en vue de former le regard et d’éduquer par l’image. Au fil du temps, le musée et sa bibliothèque acquièrent des milliers de clichés ayant pour vocation de documenter les collections que les créateurs ont pu donner par ailleurs, à l’instar de Pierre Chareau, Jacques-Émile Ruhlmann ou Louis Sognot.

Au-delà des collections, c’est toute une politique d’expositions que la photographie nourrit tout au long du XXe siècle comme l’«Exposition des photographies de guerre» en 1916 ou l’«Exposition internationale de la photographie contemporaine» en 1936. La programmation propose et accueille les premières rétrospectives françaises consacrées à Henri Cartier-Bresson (1955) ou à Jacques Henri Lartigue (1975). En 2021, le musée rend un nouvel hommage à la photographie mais cette fois à travers le prisme de sa propre collection. Six sections permettent d’en saisir la profusion et la variété : la quête des modèles, les vues de pays comme objet d’étude et d’inspiration, la photographie au service du patrimoine, l’utilité commerciale de la photographie exploitée par la presse et la publicité, la reconnaissance de la photographie en France et la photographie de mode.

Le parcours débute au commencement de l’histoire de la photographie dans le sillon des premières associations et institutions : la Société française de photographie voit le jour en 1854 et la Chambre syndicale de la photographie en 1862. Cette partie introduit le visiteur dans les premières images de ce milieu du XIXe siècle en rappelant leur vocation pédagogique pour les artistes et les artisans. L’acquisition de modèles photographiques – natures mortes mais aussi ornements ou figures – est alors au cœur des impératifs des institutions.

Le XIXe siècle est aussi une époque d’échanges et de mouvements. Les expositions universelles, plus particulièrement à partir de 1867, invitent à découvrir le monde, cet «ailleurs» que l’on méconnait alors, et la photographie participe à ce phénomène. Les clichés pris à l’étranger ont nourri l’imaginaire des artistes et des décorateurs, autant que celui des collectionneurs. De l’Amérique du Sud à l’Asie en passant par l’Europe et la Méditerranée, les photographies témoignent de différents points de vue : colonial, touristique, ethnographique ou personnel. La photographie est également l’une des ressources les plus convoquées à l’heure où s’organise la protection des monuments. En apportant un témoignage visuel de leur état et de leur transformation, elle joue un rôle essentiel à l’égard du patrimoine et de l’architecture à travers l’objectif d’Henri Le Secq ou de Charles Marville.

L’exposition entraîne le visiteur dans les années 1920-1930, qui voient l’apparition progressive de la photographie publicitaire. Cette partie dévoile comment l’essor du modernisme photographique doit autant aux photographes eux-mêmes qu’aux graphistes, éditeurs et décorateurs, qui font entrer l’image dans les domaines de la vie quotidienne. L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, qui se tient à Paris en 1925, est fondamentale pour le marché de la photographie et de l’édition. Certaines revues comme Art et Décoration ou L’Architecture d’Aujourd’hui, et Connaissance des arts ensuite, accordent une place croissante à l’illustration photographique. Publiées dans ces revues, les clichés de Thérèse Bonney, Dora Kallmus ou Jean Collas jouent également un rôle de diffusion de modèles, contribuant au renouveau de la création et à l’évolution des goûts.

C’est également l’ambition de l’Union française des arts du costume (UFAC), créée en 1948, sous l’impulsion de François Boucher, qui rassemble un ensemble prestigieux de pièces de mode, textiles et de tirages dont la gestion est alors confiée au musée. L’alliance de ces deux collections, dont l’accord est scellé en 1981, devient le socle de la mode du Musée des Arts Décoratifs. Le corpus photographique apporte un témoignage artistique et intime sur les figures les plus marquantes de la haute couture parisienne : Charles Frederick Worth, Madeleine Vionnet, Paul Poiret… créateurs que les toutes récentes expositions «Harpers Bazaar, premier magazine de mode» et «Le dessin sans réserve» ont mis en lumière.

«Histoires de photographies» s’inscrit dans une programmation initiée en 2020 avec «Le dessin sans réserve», à la suite de «Faire le mur. Quatre siècles de papiers peints» en 2016, qui s’attache à faire découvrir au public toute la richesse de fonds restés longtemps dans l’ombre. L’exposition révèle les contours d’un médium à part entière, ses personnalités fondatrices et ses expressions les plus surprenantes.

du 19 mai au 12 décembre 2021

MAD

107 rue de Rivoli 75001 Paris

, ,

Julien Drach

Non Finito

Non Finito la nouvelle exposition de photographies de Julien Drach, rend hommage à la statuaire antique (principalement au carré des Niobides commandé par Balthus lorsqu’il dirigeait la Villa Médicis).

L’ancien ensemble de sculptures dites Les Niobides, unique en son genre, fut découvert grâce à des fouilles archéologiques datant de la fin du 17ème siècle et fut ensuite acquis par Ferdinand de Medicis.

Les formes de ces statues riches en pathos ont servi de modèles pour de nombreux artistes, dont Nicolas Poussin. Les moulages à partir des antiques ont été réalisés par Michel Bourbon en 1976 sous la direction de Balthus.

Élaborée par Julien Drach lors de sa résidence de plusieurs semaines à Rome à l’automne 2018, cette série inédite témoigne d’une recherche esthétique et poétique emprunte de mystère et dévoile une autre réalité. Chacune des images est obtenue à la chambre Polaroïd avant d’être développée à partir du négatif selon un procédé spécial : cette incertitude donne à ses images leur magie et leur mystère.

du 14 octobre au 20 novembre 2021

TOURRETTE

70 rue de Grenelle 75007 Paris

,

Sheila Hicks

Echapper au Tumulte

Dans son essai Le principe d’ouverture qui ouvre le catalogue de l’exposition Lignes de Vie au Centre Pompidou de février à avril 2018, Michel Gauthier écrit que « l’œuvre selon Hicks se situe dans l’espace réel et cherche même souvent à entrer en rapport avec lui ». L’œuvre n’existe qu’en situation, dans un contexte spécifique. C’est d’ailleurs pourquoi Sheila Hicks a choisi le textile, pour sa plasticité et son adaptabilité. Pour Sheila Hicks, le textile est le « plus
séduisant et le plus gratifiant des mediums
».


Des œuvres inspirées par le confinement Certaines des œuvres présentées dans notre exposition ont été conçues pendant les confinements et inspirées par l’enfermement. Les minimes intitulés Monolithe gracieux et Tissage d’araignée en laine filée à la main, sont similaires à de véritables toiles d’araignées colorées. Ils évoquent directement l’enfermement, à la manière des moucharabiehs, au travers desquels on n’a pas d’autres choix que de regarder notre environnement réduit à sa plus simple expression.


Ces œuvres sont fortes, inquiétantes même, figurant une élégante mais implacable prison de fils et appellent à traverser le cadre.

Sheila a été formée par un des maîtres de l’art moderne, Josef Albers qui dirigea le département de design à l’Université de Yale où Sheila entre en 1954. Il conçoit ses œuvres comme autant d’essais d’interactions entre les couleurs. Les relations chromatiques sont également essentielles pour Sheila Hicks et elle dira que c’est Albers qui « l’a éveillée au monde de la couleur et aux manières de l’utiliser ». Dans Sentinelle des sentiments, deux carrés gris semblent se dissoudre dans un fond jaune. Dans de nombreux minimes, la dimension picturale l’emporte. Pour Frédéric Bonnet, la peinture est d’ailleurs une clé de lecture essentielle de l’œuvre de Hicks. Il écrit « peindre en fils et fibres serait donc une voie originale empruntée par une artiste aimant la peinture, nourrie par la peinture, formée à la peinture mais qui, à la faveur de sa rencontre avec le textile préhispanique en 1957, décide de s’en remettre à la fibre comme medium.”

Le choix du textile provient peut-être de la « passion chromatique » de Sheila car la couleur peut faire corps avec le matériau qu’elle imprime, alors que sur la toile, elle semble appliquée, comme séparée de son objet. Cette incarnation matérielle de la couleur peut, selon Sheila Hicks, être réalisée à travers « les possibilités accrues de l’expression de la couleur en texture ».

Pour cette exposition, Sheila Hicks a conçu ses œuvres comme des objets ouverts, mouvants, capables de s’adapter à des lieux spécifiques et d’accueillir des regards différents, dans lesquels la matérialité du textile s’exprime inlassablement. Les compositions, agencements des couleurs et formes complexes laissent entendre la voix du textile, s’exprimer la « matière », qui ne se laisse jamais complètement dominée par les exigences de la forme. Sheila Hicks dit «Nous envahissons le monde de la peinture et de la sculpture par la couleur en texture ». Ses pratiques artistiques incarnent une réjouissante liberté et nous renvoient à notre propre capacité à subvertir les contraintes qui peuvent
peser sur nous, et grâce à ce mélange de maîtrise et de douceur si caractéristique, à échapper au tumulte.

du 14 octobre au 5 décembre 2021

Galerie Zlotowski

20 rue de Seine 75006 Paris

,

Vivian Maier

Le parcours de Vivian Maier (New York, 1926 – Chicago, 2009) est atypique mais c’est pourtant celui d’une des plus grandes photographes du XXe siècle. C’est au cœur de la société américaine, à New York dès 1951 puis à Chicago à partir de 1956, que cette gouvernante d’enfants observe méticuleusement ce tissu urbain qui reflète déjà les grandes mutations sociales et politiques de son histoire.

C’est le temps du rêve américain et de la modernité surexposée dont l’envers du décor constitue l’essence même de l’œuvre de Vivian Maier. L’exposition permet au public d’accéder pour la première fois à des archives inédites de la photographe, découvertes en 2007 : photographies vintages que Vivian Maier a pu tirer, films super 8 jamais montrés, enregistrements audio… L’exposition permet ainsi de saisir toute l’ampleur de l’œuvre de cette grande artiste et de replacer son œuvre dans l’histoire de la photographie.

du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022

MUSEE du LUXEMBOURG

19 rue de Vaugirard 75006 Paris 

,

Out of the Blue

Pour les Égyptiens, le bleu était une couleur porte-bonheur liée à l’immortalité et à la vérité. Puis, au Moyen-Âge, il devient symbole de pureté et habille la Vierge Marie. Durant cette période, c’est le bleu de lapis-lazuli ou le bleu outremer que l’on emploie. Provenant d’Afghanistan, ces pigments très onéreux ont rendu la couleur précieuse. C’est au XVIIIe siècle, à Berlin, que l’on découvre le premier pigment synthétique, le bleu de Prusse. Cette invention va déployer la couleur et son utilisation au fil du temps. En 1960, Yves Klein présente son bleu outremer unique sous le nom de IKB, International Klein Blue. Et le textile n’échappe pas à cet engouement pour la couleur la plus universelle que l’histoire et l’histoire des arts aient connue. La Galerie Chevalier-Parsua a réuni, en ce début d’année, artistes et designers qui rendent, à travers le tapis, hommage a à cette couleur.

Nicolas Aubagnac , dont les créations de mobilier et de luminaires se retrouvent dans les plus beaux intérieurs aux quatre coins du globe, à créé un tapis en hommage à Saturne.

L’œuvre tissée de Jean Lurçat est magistrale. L’artiste est internationalement connu et son nom est étroitement associé au renouveau de la tapisserie française dans les années d’après-guerre. Il est le peintre-cartonnier le plus important du XXe siècle. En 1947, Lurçat devient Président de l’Association des Peintres Cartonniers de Tapisseries. «L’A.P.C.T. groupe les artistes qui ont le plus efficacement participé à la Renaissance de la Tapisserie, c’est à dire qui ont compris l’absolue nécessité non seulement de ré-adopter le langage premier de cet art essentiellement mural, mais encore de procéder parallèlement à la réorganisation de l’industrie dont il dépend.»

Né à Paris en 1902 et mort à Venise en 1982, Picart Le Doux est un peintre autodidacte qui débute sa vie professionnelle dans la reliure et l’édition. En 1933, il aborde les arts graphiques et la publicité. Il rencontre Lurçat en 1939, mais réalise ses premiers cartons en 1943. Membre fondateur de l’Association des Peintres Cartonniers de Tapisseries (APCT), il crée de nombreux cartons et obtient des commandes de l’Etat, des communes ou de sociétés françaises et étrangères. Il sera professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Amazonie est sans doute l’un des cartons les plus aboutis de l’œuvre de Jean Picart Le Doux.

L’œuvre de Jon Eric Riis abonde de références aux Mythes et Idéaux des cultures du Passé. La technique utilisée – celle de la tapisserie de lice- et les sources d’inspirations, ancrent indéniablement l’œuvre de Jon Eric Riis dans une tradition textile ancestrale et universelle. Ses œuvres sont présentes dans de prestigieuses collections muséales américaines dont le Metropolitan Museum à New York ou l’Art Institute of Chicago.

On ne présente plus Philippe Parent dont les chantiers d’architecture intérieure et de décoration convoquent harmonie et culture, ni ses créations connues dans le monde entier.nSa signature est l’association de l’érudition et des savoir-faire traditionnels. Il était donc évidentnque la Galerie Chevalier-Parsua et Philippe Parent entreprennent un projet de tapis. Né ainsi de cette collaboration le tapis Laos, en laine et soie, allie dessin rigoureux et raffinement, deux qualités qui caractérisent le travail de Philippe Parent.

Fondé en 2016 à Tours par Elodie Michaud et Rebecca Fezard, hors- studio est spécialisé en surfaces, matières et textiles. Mode, architecture ou scénographie, elles expérimentent de nouvelles techniques dans le but de révéler la singularité de la matière.

La pratique d’Arthur Hoffner se situe, elle, à la croisée de différentes disciplines artistiques, de la sculpture au design en passant par les arts vivants. Plasticien indépendant depuis 2014, il saisit toutes les opportunités de créer, sans à priori. Fasciné par le spectacle de l’eau qui apparait en fil rouge dans ses différents projets, ses créations invitent souvent à la contemplation et l’évasion.

Galerie Chevalier- Parsua

25 rue de Bourgogne 75007 Paris

,

Ken Fulk

Décorateur californien et personnage solaire à l’univers singulier, Ken Fulk imagine des décors fantasques marqués par le style palladien de la Villa Monticello, comme par Virginie natale ou la fantaisie et le surréalisme de Fornasetti, Tony Duquette ou Salvador Dali. Il qualifie son studio de design de “Magic Factory” car pour lui rien n’est trop beau pour élever l’art et l’esthétisme au premier plan de notre vie quotidienne.

Très proche de la Maison Pierre Frey, il a créé avec elle une collection de tissus, papiers peints et tapis déclinés à la manière d’un pastiche onirique.

Les collections s’amusent des mélanges d’époques et de cultures. Les motifs célèbrent l’architecture classique ou brutaliste, les jardins et paysages, les portraits canins et font référence à des oeuvres illusionnistes ou aux fêtes surréalistes. Conçues comme un collage de couleurs, textures et fantaisies, les collections The Cult of Beauty et The Surreal World, présentent une insolente sophistication, comme un nouvel âge d’or de la décoration.

PIERRE FREY

2 Rue Furstenberg 75006 Paris

,

Triode

En septembre, Triode fête l’ouverture de son nouveau showroom. A cette occasion, Jacques Barret invite les designers américains qu’il promeut depuis maintenant plus de dix ans à imaginer, dans l’espace de Saint-Germain-des-Prés, une installation virtuelle mettant en valeur leurs produits, leurs nouveautés et reflétant l’univers de chaque studio.

Pour cette nouvelle édition de la Paris Design Week, Triode accueille les projets de Bower et John Pomp, présentés lors d’une exposition associant images photoréalistes de l’artiste 3D Victor Roussel, échantillons de matériaux et projection de vidéos montrant les processus de création. Cet événement met à l’honneur un mode de travail et un savoir-faire inégalé que l’on retrouve dans le souci du détail, la qualité de fabrication ou le design spécifique.

du 9 au 18 septembre 2021

TRIODE

28 rue Jacob 75006 Paris

,

Mathieu Salvaing x Frédéric Imbert

Pensée comme une villa Médicis moderne pour mieux connecter les marques aux artistes et à la culture, la Rupture House est un appartement de collectionneur, une galerie privée, un lieu de rencontre et d’influence.

A l’invitation de Thomas Erber, Matthieu Salvaing investit la Rupture House et présente pour la première fois un travail plus personnel entamé il y a maintenant deux ans autour de l’architecture vernaculaire africaine, source inépuisable d’art et d’histoire, sublimant la matière comme le geste ancestral de l’artisan. Exposition imaginée comme un dialogue, c’est tout naturellement que Matthieu invitera le jeune designer Frédéric Imbert à mettre en résonance ses dernières créations avec les photographies du Ghana et de l’Ethiopie.


Deux univers et deux visions du monde qui se rejoignent pour partager cette même volonté de placer l’humain au cœur de la création, loin des esthétiques lisses et standardisées de nos sociétés contemporaines, laissant libre court à l’émotion. Rappelant l’importance d’un environnement local sensible et humain, le geste du designer comme le
regard du photographe invitent à questionner ce besoin de faire sens, à mettre en valeur la différence riche de partage.

Cette exposition propose au spectateur de prendre part à cette conversation entre deux continents, entre passé et présent, entre art et savoirs faire ancestraux. Véritable ode aux couleurs, aux matières, c’est aussi toute la sensualité
du geste ou de la courbe naturelle des éléments qui est mise en lumière dans ce dialogue d’artistes.

RUPTURE HOUSE

1 place André Malraux 75001 Paris

(entrée gratuite sur inscription​ par mail : house@rupture.tv​)

photos @ Matthieu Salvaing​