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Thierry Mugler

COUTURISSIME

Le Musée des Arts Décoratifs accueille l’exposition « Thierry Mugler, Couturissime », conçue, produite et mise en itinérance par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM). Cette exposition d’envergure retrace l’œuvre du créateur à l’imaginaire singulier qui a révolutionné la mode, la haute couture et le parfum. Cette étape parisienne signe le retour d’un artiste visionnaire, photographe, inventeur de parfums et metteur en scène, dans la ville où il a connu tous les succès.

Silhouettes et accessoires de prêt-à-porter et de haute couture, costumes de scène, photographies, vidéos et archives inédites, datées de 1973 à 2014, retracent l’univers fascinant du créateur, ainsi que ses multiples collaborations artistiques dans les domaines du spectacle, de la musique et du cinéma. Dans une scénographie collective assurée par le MBAM, sous le commissariat de Thierry-Maxime Loriot, des performances numériques de professionnels du monde du spectacle et de l’audiovisuel ponctuent le parcours. Loin d’une rétrospective classique, c’est une partie de la vie et toute l’énergie, dont à la fois Thierry Mugler et Manfred sont complémentaires, qui sont ici mises à l’honneur dans les galeries de la Mode Christine et Stephen A. Schwarzman.

Dès les années 1970 et jusqu’en 2002, quand Thierry Mugler tourne la page de la mode, le créateur s’est imposé comme l’un des couturiers les plus audacieux et les plus inventifs de son temps, allant jusqu’à incarner l’image même des années 1980, grâce à une silhouette graphique d’une force remarquable. Dans les années 1990, il contribue puissamment à la renaissance de la haute couture par ses collections et son sens de la mise en scène de défilés spectaculaires et de photographies grandioses, alliés aux mannequins les plus iconiques.

« Thierry Mugler, Couturissime » organisée en plusieurs actes, tel un opéra, mêle de façon thématique costumes, projections animées, photographies et musique, créant des ambiances qui incarnent les différents projets dans lesquels s’est investi l’artiste depuis la fin des années 1970.

L’exposition qui se déploie sur deux niveaux, s’ouvre sur une évocation du bestiaire fantastique de Mugler, de la microfaune aux profondeurs marines faisant la part belle à la démesure : silhouettes futuristes aux épaulettes pointues, décolletés abyssaux, tailles de guêpes irréelles…

Deux silhouettes exceptionnelles issues des collections Insectes et Chimères (1997/1998) illustrent avec éclat cette section. Un fourreau à traîne de velours noir, orné d’ailes de papillon de la maison Lemarié et une « créature » articulée d’écailles iridescentes brodées de cristaux, de diamants fantaisie, de plumes et de crin de cheval, font désormais partie des chefs-d’œuvre absolus de la couture. Des nymphes vêtues de bustiers coquillage en verre cranté et d’extravagantes méduses en organza semblent évoluer vingt-mille lieues sous les mers. La science-fiction succède à ce monde animal et aquatique : les superhéroïnes de bandes dessinées, le design industriel et les automobiles futuristes deviennent de nouvelles sources d’inspiration.

De surprenantes créatures robotisées, carrossées, aérodynamiques, façonnées dans des matières innovantes, devenues emblématiques, anticipent les révolutions du transhumanisme. L’artiste a conçu avec humour des fourreaux amovibles ou « décapotables », des bustiers « pare-chocs » et des ceintures « radiateur ». On ne peut qu’admirer sa Maschinenmensch dévoilée en 1995 pour les vingt ans de sa maison : une cuirasse robotique intégralement articulée qui nécessita pas moins de six mois de travail intensif. En dehors de la création de mode, Thierry Mugler s’est distingué dans le domaine de la parfumerie en donnant naissance, en 1992, à Angel, une révolution olfactive qui a lancé la tendance des parfums gourmands. Une salle mise en scène par l’artiste achève cette section en évoquant le monde des senteurs imaginées par le créateur et qui ont toujours été synonymes pour lui d’infini et de rêve.

Dès la fin des années 1960, la photographie de mode se développe en se substituant aux illustrations pour s’imposer pleinement. L’exposition consacre, dès le deuxième étage, une place de choix à ce médium avec de nombreux tirages rares signés des plus grands artistes et photographes de mode, parmi lesquels Guy Bourdin, Jean-Paul Goude, Karl Lagerfeld, Dominique Issermann, David LaChapelle, Luigi & Iango, Sarah Moon, Pierre et Gilles, Paolo Roversi, Herb Ritts et Ellen von Unwerth ainsi que la collaboration fructueuse entre Thierry Mugler et le photographe Helmut Newton.

Une salle est dédiée aux réalisations photographiques de Mugler lui-même qui se lance, dès 1976, dans les prises de vues de ses propres campagnes visuelles, jouant du glamour et de la beauté de ses muses, de Jerry Hall à Iman, dans des lieux extrêmes, du Groenland au Sahara, jusque sur les toits de l’Opéra de Paris.

À la fin des années 1970, Mugler crée la « glamazone », une femme chic, moderne, urbaine et glamour à contrecourant de la mode flower power et hippie de l’époque. Dans un décor noir et blanc, ses créations en paillettes évoquent la tentation de l’érotisme et du fétichisme, avec des tenues plus dénudées alliant latex et vinyle, matières subversives et innovantes, qu’il élève au rang de classiques.

La musique occupe une place de choix avec le clip « Too funky » de Georges Michael réalisé par Thierry Mugler dont les tenues sont portées par les plus célèbres top-modèles des années 1990, d’Eva Herzigova à Linda Evangelista, d’Emma Sjöberg à Estelle Lefebure en passant par la mannequin transgenre Connie Girl, le performeur Joey Arias et Julie Newmar, la première Catwoman. Il rend également hommage à la costumière américaine Edith Head oscarisée huit fois. Mugler a aussi lancé, sur ses podiums, le phénomène des défilés spectacles, en y invitant des célébrités hollywoodiennes, comme Diana Ross, Tippi Hedren ou Sharon Stone, et signant lui-même leur mise en scène et les bande-sons.

Enfin, l’exposition fait revivre une sélection de costumes conçus par l’artiste pour « Macbeth », pièce présentée par la troupe de la Comédie-Française au festival d’Avignon, en 1985. Le costume pour le personnage de la première sorcière, des croquis affichés sur le mur ainsi qu’une installation multimédia de Michel Lemieux (4D Art), ne sont que quelques exemples des éléments nous transportant dans ce monde shakespearien puissamment tragique.

« Thierry Mugler, Couturissime » est l’occasion de découvrir et redécouvrir cet artiste total, tour à tour danseur, homme de scène, photographe et créateur, un homme qui a marqué son époque en révolutionnant la mode par ses créations aux morphologies sculpturales à la fois futuristes et élégantes. Son style distinctif a transcendé les modes et a influencé, encore aujourd’hui, des générations de créateurs.

du 30 septembre 2021 au 24 avril 2022

MAD

107-111 rue de Rivoli 75001 Paris

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Les années heureuses

Denise photographiée par son père Émile Zola 

Initié à la photographie en 1888 au même moment où il s’éprend de Jeanne Rozerot, lingère au service de son épouse Alexandrine, l’écrivain -et intellectuel engagé- Émile Zola pratique le medium de manière intensive à partir de 1894, alors qu’il a presque achevé son grand projet littéraire, le cycle romanesque des Rougon-Macquart.

Parmi près de dix mille clichés consacrés aux lieux où il séjourne (Paris, Médan, Verneuil-sur-Seine, Londres où il part en exil en 1898 pendant un an, condamné en diffamation après sa courageuse lettre ouverte « J’accuse ! » publiée dans L’Aurore), aux sites qu’il visite, aux villes étrangères qu’il découvre, aux amis et aux domestiques qui l’entourent, aux personnages de rencontre, les plus remarquables et émouvants d’entre eux sont les portraits qu’il fait de ses proches.

À la manière d’un journal intime, il capte en images son microcosme familial, mais aussi le drame intime d’une double vie déchirée entre deux foyers et deux femmes. Comme les lettres qu’il adresse à ses « trois mignons adorés », sa maîtresse Jeanne et les enfants qu’il a eus d’elle, Denise (née en 1889) et Jacques (né en 1891), avec lesquels il mène une existence clandestine, ses photographies sont des déclarations d’amour enflammées.

Une étonnante collaboration entre l’amateur photographe et son jeune modèle s’instaure dans la « grande maison de campagne enclose de murs » de Verneuil-sur-Seine, « où pas un regard étranger ne pouvait pénétrer », ainsi que l’écrira Denise dans la biographie qu’elle publie en 1931, Émile Zola par sa fille. D’un esprit différent des instantanés de sa progéniture dans le jardin ou les allées de la propriété avant son exil à Londres (1898-1899), Zola réalise, à partir de son retour en France et jusqu’à sa mort en 1902, plus d’une centaine de portraits de Denise, entre ses neuf et treize ans, saisie en intérieur, immobile et concentrée.

Dans un tête-à-tête dépouillé, sans décor ni accessoire, Denise se confronte, en buste ou en gros plan, à l’objectif de ce père aimant qui la regarde sous tous les angles et dans tous ses atours. Il se fait l’interprète du visage d’une enfant qui grandit et qui adopte tour à tour des attitudes méditatives, impassibles et souvent graves. Une secrète et intense connivence lie les deux tristesses.
Avec la photographie s’instaure un dialogue silencieux entre deux tendresses.

du 3 février au 1er juin 2022

Cabinet de photographie

MUSEE D’ORSAY

Esplanade Valéry Giscard d’Estaing 75007 Paris

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Yves Saint-Laurent aux Musées

Il y a vingt ans, Yves Saint-Laurent, le plus artiste des couturiers français, présentait son dernier défilé à Beaubourg. Dans sa maison de couture créée en 1962, il n’a eu de cesse, au fil de ses collections, d’entretenir un dialogue avec l’art : peinture, sculpture, littérature, théâtre ou cinéma ont nourri son imagination et ses créations. Il entre aujourd’hui au musée, reconnaissance supplémentaire de sa création au rang de patrimoine national. D’un format inédit, YVES SAINT LAURENT AUX MUSÉES est une exposition anniversaire qui se déploie dans six musées parisiens : le Centre Pompidou, le Musée d’Art Moderne de Paris, le Musée du Louvre, le Musée d’Orsay, le Musée National Picasso-Paris et le Musée Yves Saint Laurent Paris. Elle illustre la continuité et la profonde unité des liens que le couturier tisse avec l’art mais aussi avec les collections publiques françaises. Portée par la fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, l’exposition YVES SAINT LAURENT AUX MUSÉES, crée par des jeux de rapprochements et de renvois, un dialogue entre certains modèles, parmi les plus iconiques du couturier, mais aussi de belles découvertes moins connues du public, et les collections permanentes de différents musées parisiens. Ainsi, ce projet retrace le parcours créatif et unique d’Yves Saint Laurent tout en célébrant les arts du monde. Le caractère rayonnant du projet permet de construire des passerelles entre Yves Saint Laurent et différents univers artistiques.

Au Centre Pompidou, au cœur du Musée national d’art moderne le parcours aborde l’œuvre d’Yves Saint Laurent comme celle d’un artiste profondément ancré dans son temps et comme un témoin de l’évolution de la création artistique au XXe siècle. Maître absolu de cette période, Picasso tient une place particulière dans l’œuvre du couturier comme en témoignent les jeux de citations proposés au Musée National Picasso-Paris. Sensible aux correspondances entre les arts, Yves Saint Laurent ne cesse de jongler entre rythmes et couleurs, lumières et matières, à l’image des dialogues énoncés au Musée d’Art Moderne de Paris, qui alternent salles monumentales et séquences plus intimes. Au Musée du Louvre, c’est la fascination du couturier pour la lumière, pour l’or – couleur du soleil – pour les arts décoratifs mais aussi et surtout pour le grand apparat qui est mise à l’honneur dans la galerie d’Apollon. Or, toutes ces trajectoires qui se répondent les unes aux autres ne peuvent être appréhendées sans interroger le rôle et la place que Marcel Proust occupe dans l’imaginaire du couturier. Cette passion proustienne, ainsi que la question du genre à travers les codes vestimentaires masculin-féminin, sont explorées au Musée d’Orsay.

Au Centre Pompidou, Mouna Mekouar, curatrice de ces six expositions, et les conservateurs Christian Briend et Marie Sarrey, ont su révéler l’intérêt de Saint-Laurent pour l’Afrique. Le manteau en raphia roux et perles de bois, réminiscence des habits rituels dogon, dialogue avec le cabinet de curiosités d’André Breton, la robe noire à poitrine conique en organza brodée de perles de plastique cohabite avec l’Objet désagréable du sculpteur Alberto Giacometti. Au musée Picasso, le couturier emprunte à l’esthétique cubiste du grand maître, éternels jeux de construction et de déconstruction. En 1979, Saint-Laurent consacre une collection complète automne-hiver au peintre espagnol, comme cette robe qui reprend les visages asymétriques dans l’œil du peintre.

Au Louvre, dans la galerie d’Apollon, le département des objets d’art du plus grand musée du monde abrite les diamants de la Couronne. Quatre vestes brodées rivalisent avec l’orfèvrerie des lieux, dont le fameux Cœur en strass, broche que portait l’une de ses modèles lors de chaque défilé.

L’oeuvre de Marcel Proust était très chère à Yves Saint-Laurent. Le musée d’Orsay a choisi le salon de l’horloge pour exposer les robes portées en 1971 par Jane Birkin et Marie-Hélène de Rothschild pour le bal organisé par cette dernière dans son château de Ferrières pour fêter le centième anniversaire de la naissance de Marcel Proust. Yves Saint Laurent créa à cette occasion des robes d’inspiration Belle Époque pour Nan Kempner, Hélène Rochas, Jane Birkin et la maîtresse des lieux. Elles cohabitent ici avec différents smokings, pièces iconiques du couturier, réinventées année après années, un habit qui transférait les codes du pouvoir masculin aux femmes.

« Je suis un artiste raté », disait Yves Saint-Laurent dans une interview à la presse en 2000, reconnaissant avoir pioché chez les plus grands artistes de son temps. À travers ses modèles, c’est en effet toute une culture, tout un univers artistique qui s’exprime. Car dans sa puissance créative, Yves Saint Laurent réinvente, avec rigueur et fantaisie, tout l’héritage plastique du monde. Dans cette perspective, ce vaste projet d’expositions envisage la création d’Yves Saint Laurent, comme traversée par différentes cultures et temporalités.

En écho aux chefs-d’œuvre présentés dans les collections permanentes des musées partenaires, une partie des archives de la maison de couture – précieusement réunies par Pierre Bergé et Yves Saint Laurent – sont présentées au Musée Yves Saint Laurent Paris.

du 29 janvier au 15 mai 2022

MUSEE D’ORSAY

MUSEE du LOUVRE

MUSEE PICASSO

CENTRE GEORGES POMPIDOU

MUSEE d’ART MODERNE de la VILLE de PARIS

MUSEE YVES SAINT-LAURENT Paris

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Asile in Wonderland

La galerie Da-End poursuit son cycle de Cabinet de curiosités contemporains et invite cette année à l’occasion de la onzième édition, près d’une vingtaine d’artistes internationaux à dévoiler leurs créations dans une scénographie évoquant la chambre des merveilles de notre enfance. A travers une sélection d’œuvres aux médiums variés – dessins, peinture, sculpture, photographie, ou encore vidéo, l’exposition nous plonge dans les mystères de l’âge tendre ou dans l’imaginaire des moins tendres.

avec Markus Åkesson, Marcella Barceló, Lucy Glendinning, Orié Inoué, Sarah Jérôme, Kim KototamaLune, Mike Mackeldey, Mizuta, Nieto, Célia Nkala, Lionel Sabatté, Toshio Saeki, Sota Sakuma, Satoshi Saïkusa, Shinsuke, Carolein Smit, Mitsuru Tateishi, Nikolay Tolmachev.

du 15 janvier au 26 février 2022

Galerie DA-END

17 rue Guénégaud 75006 Paris

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Minimal / Baroque

Gianluca Pacchioni

Entre simplicité et exubérance, flirtant avec les contraires, le milanais Gianluca Pacchioni travaille avec exaltation les matériaux ancestraux que sont la pierre et le métal. Il se place ainsi dans la lignée des artisans d’art ayant fait de nos intérieurs des écrins pour des réalisations virtuoses. Il forge l’acier, coule le bronze, martèle le laiton dans lesquels il sertit le marbre ou l’onyx sous leur forme brute ou élaborée.

L’exposition Minimal / Baroque est l’occasion de montrer entre autres une variation sur le thème des guéridons Cremino. Ici, l’onyx blanc est enchâssé dans de fines structures de bronze. Le côté laissé primitif de la pierre se reflète sur une plaque de laiton à l’effet miroir, réfléchissant la surface irrégulière, mettant en valeur la force tellurique de la matière. Son autre face est lisse, translucide, presque diaphane, faisant se perdre le regard dans les nuances de brun aux accents dorés ou, pour la première fois, dans une blancheur de glacier. La forme ovale de ces pièces inédites rappelle le mythe grec de la naissance de l’onyx : Venus endormie sur une plage, Cupidon lui coupa les ongles qui se transformèrent en pierre exceptionnelles qui sont depuis utilisées pour orner les plus beaux bijoux.

L’onyx blanc est également utilisé par Gianluca Pacchioni pour le cabinet Metaphysical, petit cube d’onyx et de laiton, haut perché sur des pieds de métal, avec, là aussi, l’effet miroir de la tablette placée en-dessous. Il apparait comme un monolithe blanc, traversé de veines de laiton, à la manière du kintsugi japonais. Cette technique rend l’objet énigmatique : est-ce un bloc, ou un assemblage ? Les réseaux formés par le métal répondent à ceux, naturel, de la pierre. Le Beau est plus qu’un état, c’est le vécu de la matière. Une porte y est cachée et s’ouvre sur un intérieur tout doré, comme un trésor.

Autre nouveauté dans le répertoire de Gianluca Pacchioni, la Galerie Negropontes expose la console Under the Sheets. L’italien a cette fois choisi de travailler le quartzite de Patagonie aux inclusions d’un noir profond, d’or pâle ou d’un brun espresso comme déposées sur une pierre blanche aux nombreuses veinures. Certaines zones sont très opaques, d’autres translucides. La pierre scintille par endroit. Les effets naturels extrêmement graphiques sont mis en valeur par un piétement en forme de vague, en laiton patiné aux teintes mordorées. L’artiste nous propose un jeu tactile, nous invitant à « caresser un corps caché dans un bloc de granit ».

Enfin, l’exposition permettra de découvrir la troisième version du panneau décoratif Fossil. L’élément végétal s’y retrouve prisonnier du métal en fusion, comme aux premiers temps de la Terre. Il reste l’image, la trace, le témoignage de la vie qui traverse ainsi les âges.

à partir du 9 mars 2022

Galerie Negropontes

14-16 rue Jean-Jacques Rousseau 75001 Paris

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Femmes Singulières

Muses, mécènes, artistes peintres ou sculpteurs, photographes, écrivains, créatrices de mode, de bijoux, de mobilier, décoratrices, architectes, aucun domaine n’échappe à l’imagination des femmes. De Dina Vierny à Gertrude Stein, Leonor Fini, Marie-Laure de Noailles, Louise Nevelson, Niki de Saint Phalle, Claude Lallane, Lee Miller, Françoise Sagan ou encore Coco Chanel, Suzanne Belperron, Charlotte Perriand, Lady Mendl, Zaha Hadid, elles sont nombreuses a avoir façonné le paysage artistique du 20ème siècle.

Aujourd’hui, des femmes aussi influentes que : Maja Hoffmann, Marina Abramovic, Yayoi Kusama, Cindy Sherman, Amelie Nothomb, Agnès B, India Madhavi … créent la scène artistique du 21ème siècle. D’autres sont à découvrir telles que Frédérique Mattei, créatrice de bijoux et sculptrice ou Carole de Durfort, céramiste.

Toutes, hier ou aujourd’hui, par leur travail ou leur démarche artistique nous étonnent par leur liberté d’expression, leur créativité, la force de leur discours. Cette nouvelle installation, loin d’être exhaustive, nous présente les œuvres de quelques-unes de ces « Femmes Singulières »

Avec

Guidette Carbonell, Madeleine Castaing, Gabriella Crespi, Carole de Durfort, Yolande Fièvre, Claude Lalanne,

Frédérique Mattei, Jeannine Nathan, Bolette Natanson, Marie-Laure de Noailles, Maria Pergay,

Françoise Pétrovitch, Niki de Saint-Phalle, Françoise Sée et Carla Venosta

du 2 au 23 décembre 2021

Galerie ALEXANDRE BIAGGI

14 rue de Seine 75006 Paris

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Picasso / Rodin

Ce partenariat exceptionnel entre deux grands musées monographiques offre un regard inédit sur ces artistes de génie qui ont ouvert la voie à la modernité dans l’art. Leurs chefs-d’œuvre sont présentés simultanément au sein des deux monuments historiques qui abritent ces musées nationaux.

L’exposition invite à une relecture croisée des œuvres de Rodin (1840-1917) et Picasso (1881-1973), ces deux grands artistes ayant durablement bouleversé les pratiques artistiques de leur temps pour les générations à venir. Il ne s’agit pas de montrer ce que Picasso a emprunté à Rodin, mais plutôt d’examiner les convergences signifiantes qui apparaissent entre l’œuvre de Rodin et plusieurs périodes de la production de Picasso.

Cette relecture croisée de leurs œuvres se décline en différents chapitres sur les deux lieux, au Musée Rodin d’une part à travers la crise de la représentation du début du 20e siècle, et au Musée Picasso d’autre part dans les processus créatifs mis en œuvre par les deux artistes. À des époques et dans des contextes différents, Rodin et Picasso participent à une articulation décisive de l’histoire et sans doute est-ce là une des clés de leurs similitudes.

À leur façon, ils inventent un nouveau mode de représentation, expressionniste chez Rodin, cubiste chez Picasso. Pour Rodin, comme pour Picasso, l’atelier est un espace privilégié d’expérimentation sur les formes et les matériaux. Travail en série, fragmentation, assemblage, détournement sont autant d’approches singulières et novatrices. Le travail de l’artiste en perpétuel mouvement, explore un motif en constante métamorphose.

À travers un dialogue systématique, cette exposition riche de plus de 500 œuvres, peintures, sculptures, céramiques, dessins, documents d’archives, photographies invite le visiteur à une relecture inédite de leur parcours artistique foisonnant et innovant.

du 1er juillet 2021 au 2 janvier 2022

Musée Rodin
77 rue de Varenne 75007 Paris

Musée national Picasso
5 rue de Thorigny 75003 Paris

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Cartier et les arts de l’Islam

Aux sources de la modernité

Cette exposition exceptionnelle, coproduite par le Musée des Arts Décoratifs et le Dallas Museum of Art, avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre et le soutien de la Maison Cartier montre les influences des arts de l’Islam sur la production de bijoux et d’objets précieux de la Maison de haute joaillerie, du début du xxe siècle à nos jours. Pour la première fois, le processus de création d’une grande Maison de joaillerie est mis en lumière. La grande richesse des archives, les nombreux dessins et le fonds photographique ont permis de retrouver la source originelle de nombreuses créations de Cartier et de comprendre l’important impact de la découverte des arts de l’Islam sur la Maison au début du XXe siècle.

Le Musée des Arts Décoratifs a ouvert la voie à ces recherches spécifiques lors de l’exposition « Purs décors ? Arts de l’islam, regards du XIXe siècle » en 2007, au moment même où ses collections rejoignaient celles du musée du Louvre, pour former, grâce à un dépôt de grande ampleur, le département des Arts de l’Islam, inauguré en 2012. Ces recherches sont aujourd’hui approfondies dans le domaine de la bijouterie et joaillerie à travers l’histoire créative de la Maison Cartier.

Créée en 1847 par Louis-François Cartier, la Maison est initialement spécialisée en vente de bijoux et d’objets d’art. Son fils Alfred reprend la direction de l’activité en 1874 et y associe son fils aîné Louis en 1898. Cartier conçoit alors ses propres bijoux tout en poursuivant une activité de revente de pièces anciennes. Au début du XXe siècle, Louis Cartier est à la recherche de nouvelles sources d’inspiration. Paris est alors le haut lieu du commerce de l’art islamique et c’est certainement au travers des grandes expositions organisées à Paris, au Musée des Arts Décoratifs en 1903 puis à Munich en 1910, que Louis découvre avec passion ces formes nouvelles qui imprègnent progressivement la société française. À travers un parcours thématique et chronologique décliné en deux volets, l’exposition retrace, dans une première partie, l’origine de cet intérêt pour les arts et l’architecture de l’Islam à travers le contexte culturel parisien du début du XXe et explore le climat de création autour des dessinateurs et des ateliers, à la recherche de leurs sources d’inspiration. La seconde partie illustre le répertoire de formes inspiré par les arts de l’Islam depuis le début du XXe siècle jusqu’à nos jours.

De la collection personnelle de Louis Cartier, reconstituée grâce aux archives de la Maison, aux voyages que Jacques Cartier entreprend notamment en Inde, en 1911, qui lui permettent de développer la clientèle des maharadjahs et de collecter des bijoux anciens et contemporains, pour les revendre en l’état, s’en inspirer ou les recomposer au sein de créations nouvelles. Ces différentes sources d’inspiration et les bijoux orientaux qui enrichissent les stocks de la Maison contribuent au renouvellement des formes mais aussi des techniques de fabrication. Les aigrettes, les pompons, les bazubands (bracelet allongé fixé sur le haut du bras) sont déclinés à l’envi et adaptés dans leurs formes, leurs couleurs et leurs matières au goût du jour. La flexibilité des bijoux indiens donne naissance à des innovations techniques, de nouvelles montures et assemblages. L’intégration de parties de bijoux, de fragments d’objets islamiques, désignés comme « apprêts », et l’utilisation de textiles orientaux pour créer des sacs et accessoires constituent également l’une des marques de création de la Maison en ce début de XXe siècle. Célèbre pour sa production de bijoux de style guirlande, la Maison Cartier développe, dès 1904, des pièces dont les lignes s’inspirent des compositions géométriques issues des arts de l’Islam découvertes au travers des livres d’ornements et d’architecture. Décors de briques émaillées originaires d’Asie centrale, merlons à degrés… constituent les bases d’un répertoire précurseur qualifié plus tard d’« art déco » – en référence à l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925 – et qui très tôt a fait entrer la Maison dans la modernité.

La production de la Maison sous la direction artistique de Louis Cartier est notamment marquée par une inspiration issue du monde iranien et des arts du livre. C’est le cas des mandorles, palmettes, fleurons, rinceaux, sequins, ondulations, écailles… Louis innove par de nouvelles associations de couleurs et de matières, mariant le lapis lazuli et la turquoise, associant le vert du jade ou de l’émeraude au bleu du lapis lazuli ou du saphir pour créer son célèbre « décor de paon ».Sous la direction artistique de Jeanne Toussaint, le style de la Maison laisse place, dans les années 1930, à de nouvelles formes et associations de couleurs inspirées essentiellement du monde indien. Tutti Frutti, sautoirs, bijoux en volume caractérisent le style hautement reconnaissable de la Maison et ses nouvelles productions qui émaillent la seconde moitié du XXe siècle.

Parfois aisément identifiables, d’autres fois décomposés et recomposés jusqu’à rendre leur source intraçable, les motifs et les formes issus des arts et de l’architecture de l’Islam intègrent le langage stylistique des dessinateurs jusqu’à constituer encore à ce jour une partie du répertoire de la Maison, qu’illustrent des pièces de joaillerie contemporaine qui achèvent ce parcours.

du 21 octobre 2021 au 20 février 2022

MUSEE DES ARTS DECORATIFS

111 rue de Rivoli 75001 Paris

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Graciela Iturbide

la première grande exposition en France consacrée à l’ensemble de l’œuvre de la photographe mexicaine Graciela Iturbide, des années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Pour cette véritable exposition-portrait, l’artiste nous a ouvert les portes de son studio au 37 calle Heliotropo à Mexico, l’un des chefs-d’œuvre de l’architecte Mauricio Rocha qui conçoit également la scénographie de l’exposition. Heliotropo 37 rassemble plus de 200 images, des œuvres les plus iconiques aux photographies les plus récentes, ainsi qu’une série en couleur réalisée spécialement pour l’exposition.

Lauréate du prix W. Eugene Smith en 1987 puis du prix Hasselblad en 2008 – la plus haute distinction photographique – Graciela Iturbide est une figure majeure de la photographie latino-américaine. Depuis plus de 50 ans, elle crée des images qui oscillent entre approche documentaire et regard poétique : « J’ai cherché la surprise dans l’ordinaire, un ordinaire que j’aurais pu trouver n’importe où ailleurs dans le monde ». Si elle est aujourd’hui célèbre pour ses portraits d’Indiens Seris du désert de Sonora ou ceux des femmes de Juchitán ainsi que pour ses essais photographiques sur les communautés et traditions ancestrales du Mexique, Graciela Iturbide porte également depuis toujours une attention quasi spirituelle aux paysages et aux objets. L’exposition présente pour la première fois ces deux versants de l’œuvre de l’artiste et en offre ainsi une vision renouvelée.

Du 12 février au 29 mai 2022

Fondation Cartier pour l’art contemporain

261 boulevard Raspail 75014 Paris

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Galerie Chenel x Maxime Flatry

Intérieur

Art Déco / Art Classique

Pour cette exposition de fin d’année, la Galerie Chenel a choisi d’inviter le jeune marchand Maxime Flatry, spécialisé dans le mobilier et les objets d’art du XXème siècle, plus précisément en Art Déco, pour créer des scénographies qui mêlent les univers des deux galeries .

Suivant les inspirations d’images d’archives d’intérieurs 1920/1930 et de décorateurs comme Marc du Plantier ou Jean-Michel Frank, ils ont imaginé ensemble une ambiance intemporelle à l’image de celle que les collectionneurs de cette époque affectionnaient, mariant leurs sculptures au mobilier raffiné et créant ainsi une esthétique intérieure tout à fait singulière qui a marqué les arts décoratifs du vingtième siècle.

du 18 novembre au 18 décembre 2021

Galerie Chenel

3 quai Voltaire 75007 Paris

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Damien Hirst

Cerisiers

Au printemps 2021, la Fondation Cartier pour l’art contemporain invite l’artiste britannique Damien Hirst à dévoiler sa dernière série de peintures Cherry Blossoms (Cerisiers en Fleurs). Fruit de deux années de travail solitaire dans son atelier londonien, cette série s’inscrit dans la continuité de ses recherches picturales et témoigne du plaisir de retrouver, grâce à la peinture, le geste de l’artiste. Cerisiers est la première exposition institutionnelle de Damien Hirst en France.

La série Cherry Blossoms réinterprète avec une ironie joyeuse le sujet traditionnel et populaire de la peinture de paysage. Sur la toile, Damien Hirst mêle touches épaisses et projections de peinture faisant référence tant à l’impressionnisme et au pointillisme qu’à l’action painting. Les peintures monumentales, entièrement recouvertes de couleurs vives et saturées, enveloppent le spectateur dans un paysage végétal oscillant entre figuration et abstraction. À la fois détournement et hommage aux grands mouvements artistiques de la fin du XIXe et du XXe siècle, cette série marque une forme d’aboutissement des recherches que Damien Hirst mène depuis le début de sa carrière sur la couleur, la beauté, la perception et le rôle de l’artiste.

D’abord étudiant à Leeds puis au Goldsmiths College of Art de Londres à la fin des années 1980, Damien Hirst devient rapidement le chef de file des Young British Artists, un groupe d’artistes partageant un goût pour l’expérimentation et la création de dispositifs, parfois perçus comme choquants, qui domina la scène britannique dans les années 1990. Les cadavres d’animaux plongés dans d’immenses aquariums remplis de formol de la série Natural History deviennent ainsi rapidement des images emblématiques de l’œuvre de Damien Hirst et de cette scène artistique.

Dès cette époque, la peinture joue un rôle essentiel dans la pratique de Damien Hirst : « J’ai toujours été un grand amoureux de la peinture et pourtant j’ai constamment cherché à m’en éloigner. En tant que jeune artiste, on est nécessairement influencé par les tendances du moment, et dans les années 1980 la peinture n’était pas dans l’air du temps. » Si les toiles des débuts sont inspirées de l’expressionnisme abstrait — qu’il qualifie de « paint how you feel » — il entreprend dès 1986 la série Spot Paintings (non achevée à ce jour) qui s’inscrit davantage dans la lignée du minimalisme et de l’art conceptuel des années 1960. Dans ces œuvres, les points colorés semblent réalisés par une machine, gommant toute trace d’intervention humaine. L’approche qui caractérise Visual Candy (1993-1995), une série de toiles aux titres ironiques composées de taches épaisses et de couleurs exubérantes superposées, est quant à elle déjà une célébration du plaisir de peindre.

Avec la série Cherry Blossoms, commencée juste après l’ambitieuse exposition de sculptures Treasures from the Wreck of the Unbelievable présentée à Venise (2017) qui l’a occupé pendant près de 10 ans, Damien Hirst retrouve la spontanéité du geste pictural. L’image d’une peinture mécanisée, omniprésente dans la série Spot Paintings, est ici remplacée par la faillibilité de la main de l’artiste qui les réalise seul dans son atelier.

« Cherry Blossoms parle de beauté, de vie et de mort. Ces peintures sont excessives — presque vulgaires. Comme Jackson Pollock tourmenté par l’amour. Elles sont décoratives bien que directement inspirées de la nature. Elles parlent de désir, de la manière dont on perçoit les choses qui nous entourent et ce qu’on en fait, mais évoquent aussi l’incroyable et éphémère beauté d’un arbre en fleurs dans un ciel sans nuages. J’ai adoré travailler sur ces toiles, me perdre entièrement dans la couleur et la matière à l’atelier. Les Cherry Blossoms sont tape-à-l’œil, chaotiques et en même temps fragiles, c’est grâce à elles je me suis éloigné du minimalisme, du fantasme d’un peintre mécanique. Et c’est ça que j’ai vraiment trouvé excitant. »

du 1er juin 2021 au 2 janvier 2022

FONDATION CARTIER

261 boulevard Raspail 75014 Paris

Elizabeth Lennard

Femmes de pierre & Hommes-objets

(…) Pour ses Hommes-objets, Elizabeth Lennard a photographié dans les années 1970 des amis rencontrés à Los Angeles et à Paris. Les modèles rejouent les canons de la statuaire gréco-romaine en prenant des allures d’une sensualité badine. Hommes, ils se travestissent en sculptures ou en « hommes-objets » : des individus réduits à un pur corps et à une simple fonction de charme, un statut longtemps considéré comme essentiellement féminin. Sur ces poses empruntées, l’artiste applique à la main son grimage de crayon ou de peinture à l’huile. Chaque œuvre est donc unique et transgresse la reproductibilité supposée des photographies. Par le geste de peindre, Elizabeth Lennard empreint chacune de ses images d’une portée autobiographique ; par ses coloris, elle édulcore le passage du temps et la nostalgie du monochrome. 

Plus récemment, elle a exploré de nouvelles techniques de photographie et de peinture numériques, des procédés qui lissent les effets de texture et donnent toute la place au choix du sujet et de l’humeur colorée. Ses recherches se sont poursuivies et se sont attachées aux statues de personnages célèbres qui ornent les parcs et jardins de Paris. Plus particulièrement, Elizabeth Lennard s’est intéressée à ces représentations de femmes qui ne sont ni allégories, ni déesses, ni figures mythologiques, mais – chose rare dans l’art occidental – reines, peintres, poétesses, romancières, ou comédiennes historiques. Elle s’est mise à photographier ces statues comme des portraits sur le vif. Elle y voit d’abord des femmes qui sont devenues objets pour les besoins du temps et des mémoires, et qui concentrent là encore la tension de l’inerte et du vivant dans un seul et même corps.

                                                                                Marilou Thiébault

du 3 au 30 novembre 2021

GALERIE PIXI

33 rue de Seine 75006 Paris